Algues vertes en Bretagne : des « contrats » pour les agriculteurs

Algues vertes en Bretagne : des « contrats » pour les agriculteurs

Il aura fallu la publication de deux rapports au vitriol pour que l’Etat se décide à « changer de méthode » dans sa lutte contre les algues vertes en Bretagne. C’est le Sénat qui avait tout d’abord dénoncé fin mai « les avancées très largement insuffisantes » des différents plans engagés pour éradiquer ce fléau qui empoisonne la région depuis une vingtaine d’années. « Les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux : les taux de nitrates dans les eaux bretonnes, responsables de la prolifération des algues, ont certes baissé mais restent encore nettement supérieurs aux objectifs », relevait le rapport, demandant aux pouvoirs publics « une ambition plus forte ».

Quelques semaines plus tard, la Cour des comptes avait enfoncé le clou. Dans un pavé de 277 pages, les magistrats pointaient du doigt l’efficacité des plans de lutte entre 2007 et 2020, estimant que les objectifs avaient été « mal définis » et que leurs effets avaient « été incertains sur la qualité des eaux ».

Recrudescence des algues vertes cette année

Rappelant qu’il existait « deux natures d’incitation : soit on réglemente, soit on accompagne financièrement », le préfet a rapporté que ce plan proposera « des contractualisations aux agriculteurs sur une durée de trois ans ». Au bout de trois, « si nous obtenons des résultats que nous avons arrêtés ensemble, cela se poursuit ». « En revanche, nous sommes en train de définir les règles que nous imposerions aux exploitations si les résultats contractuels n’étaient pas au rendez-vous », a-t-il dit.

M. Berthier a souligné que le monde agricole n’est pas le seul « concerné » par la pollution aux nitrates. « Tous les acteurs publics et privés peuvent avoir une incidence sur le niveau de nitrate dans l’eau », a-t-il relevé, citant en particulier les politiques d’assainissement. Des engagements seront pris par bassin-versant et par exploitation, a-t-il assuré.

D’après les estimations du centre d’étude et de valorisation des algues (CEVA), les échouages d’algues vertes ont été particulièrement importants cette année en raison d’un printemps ensoleillé favorable à leur prolifération puis d’un été pluvieux qui a provoqué d’importants flux de nitrates vers le bord de mer.

Présentes en mer à l’état naturel, les algues vertes prolifèrent dans les baies bretonnes, où elles sont nourries par des apports de nitrates épandus par les agriculteurs dans les champs et dont les excédents sont acheminés par les fleuves côtiers. Les pires années, jusqu’à 60 000 tonnes ont été collectées en Bretagne. Le volume cumulé de 2009 à 2020 s’élève à 461 630 tonnes.

« Mobiliser des acteurs qui pour l’instant étaient peu mobilisés »

Tenant compte des critiques contenues dans un récent rapport de la Cour des comptes, ce plan a l’ambition de « mobiliser des acteurs qui pour l’instant étaient peu mobilisés », en particulier les coopératives agricoles, a-t-il expliqué. Rappelant qu’il existait « deux natures d’incitation : soit on règlemente, soit on accompagne financièrement », le préfet a précisé que ce plan proposerait « des contractualisations aux agriculteurs sur une durée de trois ans ».

Au bout de trois ans, « si nous obtenons des résultats que nous avons arrêtés ensemble, cela se poursuit ». « En revanche, nous sommes en train de définir les règles que nous imposerions aux exploitations si les résultats contractuels n’étaient pas au rendez-vous », a-t-il dit.

Emmanuel Berthier a souligné que le monde agricole n’était pas le seul « concerné » par la pollution aux nitrates. « Tous les acteurs publics et privés peuvent avoir une incidence sur le niveau de nitrate dans l’e au », a-t-il relevé, citant en particulier les politiques d’assainissement.

Les algues vertes favorisées par la météo

D’après les estimations du centre d’étude et de valorisation des algues (CEVA), les échouages d’algues vertes ont été particulièrement importants cette année en raison d’un printemps ensoleillé favorable à leur prolifération puis d’un été pluvieux qui a provoqué d’importants flux de nitrates vers le bord de mer.

Présentes en mer à l’état naturel, les algues vertes prolifèrent dans les baies bretonnes, où elles sont nourries par des apports de nitrates épandus par les agriculteurs dans les champs et dont les excédents sont acheminés par les fleuves côtiers.

Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes soulignait que les plans publics de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne avaient été « mal définis » et n’avaient eu qu’un « impact limité ». La Cour préconisait de promouvoir une agriculture « à faibles fuites de nitrates ».

Guy ERWAN

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.