Astronomie, détection d’un mystérieux signal radio dans la galaxie

Astronomie, détection d’un mystérieux signal radio dans la galaxie

Des scientifiques ont détecté la source d’un mystérieux signal clignotant provenant des profondeurs de la Voie lactée.

Le blip radio, qui a touché les capteurs d’un télescope extrêmement sensible en Australie, proviendrait du centre de notre galaxie d’origine.

Impression d’artiste montrant l’Australian Square Kilometer Array Pathfinder (ASKAP) détectant des ondes radio tirées d’une galaxie lointaineCrédit : AFP ou concédants de licence

Dans un document de recherche publié la semaine dernière, les chercheurs ont décrit la découverte comme une « source radio variable hautement polarisée située près du centre galactique ».

La découverte a déconcerté les experts, car sa signature radio – l’empreinte digitale du signal – ne semble correspondre à aucun objet connu dans l’univers.

Auparavant, d’étranges signaux radio détectés par les scientifiques – tels que des « sursauts radio rapides » insaisissables – provenaient de jeunes étoiles.

Il est possible, bien sûr, que le signal provienne d’un objet connu. Cependant, ses signatures d’ondes radio très inhabituelles le rendent presque impossible à expliquer, suggérant la découverte d’un objet cosmique entièrement nouveau.

L’équipe de recherche, dirigée par Ziteng Wang de l’Université de Sydney en Australie, a nommé l’objet mystérieux ASKAP J173608.2-321635.

« ASKAP J173608.2-321635 peut représenter une partie d’une nouvelle classe d’objets découverts grâce à des études d’imagerie radio », ont-ils écrit dans leur article. Le signal était exceptionnellement difficile à repérer.

Un signal qui ne correspond à aucun objet connu

Dans l’article (disponible en préimpression) relatant leur découverte, les astronomes précisent que cette source variable hautement polarisée a été détectée six fois entre janvier 2020 et septembre 2020, dans le cadre d’une campagne d’observation de l’ASKAP à 888 MHz. Ils ont alors surveillé la source avec le télescope MeerKAT, de novembre 2020 à février 2021, sur une cadence de 2 à 4 semaines ; mais la source n’a pas été détectée avant le 7 février 2021, lorsqu’elle a atteint une densité de flux maximale. Il a ensuite été confirmé au mois d’avril par l’ATCA.

Un réseau à l’origine de plusieurs découvertes majeures

L’ASKAP se compose de 36 antennes paraboliques, de 12 mètres de diamètre chacune, formant une surface collectrice totale d’environ 4000 m². Depuis son inauguration en octobre 2012, ce réseau de radiotélescopes d’une sensibilité particulièrement élevée compte plusieurs découvertes majeures à son actif. Il a notamment permis de détecter les Odd radio circles (ORC) pour la première fois — de vastes objets circulaires qui émettent de la lumière dans la gamme des ondes radio (et qui restent encore inexpliqués à ce jour).

Les données collectées par ASKAP, très détaillées, ont également permis de cartographier près d’un million de galaxies jamais documentées auparavant. En mai 2020, les astronomes ont même pu déterminer la quantité de matière qui se trouvait entre les galaxies — résolvant au passage l’un des plus grands mystères du cosmos — grâce à la détection de sursauts rapides provenant de différentes parties de l’Univers.

Pour aller plus loin : Astronomie

Déjà quelques pistes éliminées

D’autant plus inaperçu peut-être qu’aucun signal à une autre longueur d’onde ne l’accompagne. Rien du côté des rayons X ou du proche infrarouge. Rien non plus dans les archives des observations radio.

Les astronomes notent par ailleurs que ASKAP J173608.2-321635 est fortement polarisé. De quoi suggérer une diffusion et une magnétisation. Mais celles-ci sont-elles le résultat de poussières et de champs magnétiques rencontrés par le signal dans son voyage jusqu’à nous ou issues de la source du signal elle-même ? La question reste posée.

Toutefois dans leur quête pour identifier la source de ce mystérieux signal, les astronomes éliminent déjà plusieurs pistes. Par exemple, il ne s’agit pas d’une étoile éruptive. Car le signal radio s’accompagnerait alors d’une émission dans le domaine des rayons X. Il ne s’agit pas non plus d’un pulsar dont la périodicité serait bien plus régulière que celle observée pour ASKAP J173608.2-321635.

Peut-être alors que ASKAP J173608.2-321635 doit être classé parmi ceux que les anglophones appellent les Galactic Center Radio Transients (GCRT) — comprenez, les signaux transitoires en provenance du centre de la Galaxie. Dans les années 2000, les astronomes ont identifié trois de ces signaux. D’autres sont en attente de confirmation. Les chercheurs en ignorent encore la source. Mais ASKAP J173608.2-321635 partage avec les GCRT plusieurs caractéristiques. S’il est confirmé qu’il s’agit de cela, il pourrait constituer la preuve qu’il existe des sources similaires qui n’ont pas encore pu être observées. Notamment en raison de leur inconstance.

Lea LAMBERT

Elle est photographe professionnelle. Elle souhaite partager son amour de la photo à travers différentes illustrations de nos articles. Léa adore la région nantaise et ses paysages. Son expertise est un atout pour notre équipe.