COVID-19 : allègement du pass sanitaire

COVID-19 : allègement du pass sanitaire

L’épidémie de Covid-19 continue de ralentir en France. Les indicateurs sont en baisse dans toutes les régions métropolitaines et la situation s’améliore en Guadeloupe et en Martinique, mais pas encore en Guyane indique le nouveau bulletin hebdomadaire de Santé publique France. La perspective d’une 5e vague s’éloigne, alors que la campagne vaccinale semble convaincre la majorité de la population. Avec 17 jours de retard par rapport à la date donnée, l’objectif des 50 millions de primo-vaccinés a été atteint. Et au total, 70% de la population française a un schéma vaccinal complet.

Le pass sanitaire sera potentiellement assoupli dans certains départements. « Si la situation continuait de s’améliorer, nous pourrions alléger progressivement les restrictions, là où le virus circule le moins d’abord, puis partout sur le territoire. Cet allégement pourrait inclure le passe sanitaire », a-t-il indiqué dans les colonnes du Parisien. Le Conseil de défense de mercredi prochain pourrait dessiner les contours de cet assouplissement.

Un conseil de défense le 22 septembre

Depuis la mise en place du pass sanitaire, Enlin Zhou, gérant de bar, a déploré une perte de 25% de son chiffre d’affaires. Pour lui, la suppression du pass serait une bonne nouvelle. « On perd des clients, les gens qui ne sont pas encore vaccinés, parce qu’ils n’ont pas de pass… », commente ce dernier. Au total, 34 départements ont un taux d’incidence inférieur à 50 cas pour 100 000 habitants, le seuil évoqué par le gouvernement pour envisager un assouplissement. La mesure pourrait être au centre des discussions mercredi 22 septembre, lors du conseil de défense sanitaire.

Un assouplissement en question

Le ministre a d’abord précisé que les endroits où le pass sanitaire peut disparaître sont d’abord ceux «où le virus circule le moins». Alors que les indicateurs de l’épidémie sont favorables à l’échelle de la métropole, avec des contaminations en baisse constante, tout comme les hospitalisations, et un taux de vaccination de 70 % (schéma vaccinal complet), la différence devrait donc s’effectuer en fonction du taux d’incidence des départements (nombre de nouveaux malades par rapport à une population donnée).

Quarante, au total, sont actuellement sous le niveau d’alerte (50 cas pour 100 000 habitants). Ils semblent donc être les mieux placés pour une levée locale du pass sanitaire. Si cela venait à se produire, plusieurs questions resteraient en suspens. La première concerne les lieux où le sésame ne serait plus demandé. Alors que la plupart des centres commerciaux en sont déjà débarrassés, le gouvernement privilégiera-t-il les activités de plein air, tels les parcs d’attractions, ou les festivals ? Ou encore les lieux culturels ? Les bars, restaurants et salles de sport profiteront ils de cet allègement ? Par ailleurs, il n’est pas impossible que l’assouplissement concerne finalement d’autres mesures, comme les jauges. En revanche, la fin du masque semble très peu probable.

« Une erreur monumentale » selon certains épidémiologistes

Un Conseil de défense doit se tenir mercredi 22 septembre pour travailler sur la question, mais déjà, de nombreux épidémiologistes ont réagi à cette possible mesure.

Pour Catherine Hill, épidémiologistes interrogée par BFMTV, un pass sanitaire localisé serait « une énorme erreur ». « Les gens vont pouvoir aller tranquillement dans le département d’à côté, s’ils n’ont pas de passe, ou s’ils ne veulent pas se faire vacciner, et ils vont contaminer autour d’eux, dans les restaurants, dans les cinémas… », a-t-elle expliqué sur la chaine télévisée.

Et elle n’est pas la seule à le penser. Sur Europe 1, Benjamin Davido, médecin infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, estimait qu’il ne fallait « pas réitérer les erreurs de 2020. » « On avait différencié la France en plusieurs couleurs en expliquant que là où ça allait bien, on pouvait faire tout ce qu’on voulait. Si on lève les restrictions, on fait repartir l’épidémie » déclarait-il, ce samedi 18 septembre.

Pour d’autres, un relâchement des gestes barrières peut être envisagé si les conditions le permettent, à conditions de rester vigilants. « Au-dessous de 30 cas/100K pop sur une semaine, on entre en zone verte », déclarait sur Twitter Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève. « Passe et gestes barrières sont probablement moins nécessaires, à condition que les autorités sanitaires restent vigilantes et ré-instaurent ces mesures dès le seuil dépassé, avant l’arrivée du grain. »

L’Isère et les Savoie en bonne voie

Si tous les départements métropolitains, à l’exception des Bouches-du-Rhône, sont passés sous la barre des 150 cas pour 100 000 habitants, la barre fatidique des 50 cas n’est pas encore à l’horizon pour de nombreux départements du quart sud-est.

L’Isère et les Savoie sont les mieux placées pour passer très prochainement sous la barre des 50 cas pour 100 000, avec une incidence de 58 en Isère, de 54 en Savoie et de 76 en Haute-Savoie. Ces trois départements ont divisé leur taux d’incidence par 4 en moins d’un mois, la mi-août apparaissant comme le haut de la 4e vague.

La Drôme (103 cas pour 100 000) et l’Ardèche (90 cas pour 100 000) suivent également ce mouvement de décrue, mais à un rythme moins élevé, ainsi que les Hautes-Alpes où le taux d’incidence est à 80 cas pour 100 000.

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.