Covid-19 : face au variant Delta

Covid-19 : face au variant Delta

Selon les militants antivaccin, les premières données officielles des autorités sanitaires britanniques montreraient que les personnes vaccinées contre le Covid-19 ne seraient pas protégées contre le variant Delta. Pire : les personnes vaccinées seraient même plus susceptibles d’en mourir, croient savoir certains, qui interprètent de travers un rapport officiel de Public Health England publié le 25 juin et portant sur les cas identifiés en Angleterre (les données ne portent pas sur la totalité du Royaume-Uni).

Il est vrai que les données de ce rapport peuvent prêter à confusion : dans un tableau publié pages 13 et 14 et souvent cité hors de son contexte, on peut effectivement voir que le nombre de décès du variant Delta est plus élevé chez les personnes âgées de plus de 50 ans qui sont vaccinées que chez celles qui ne le sont pas.

Pour certains, aucun doute : il s’agit de la preuve de l’inefficacité, voire de la dangerosité des vaccins. Le schéma ci-dessous correspond à ce qui semble ressortir du rapport officiel britannique à la première lecture de ces chiffres.

Qu’est-ce que le variant Delta ?

Le variant Delta est considéré comme un « mutant multiple ». Il résulte en fait d’une rencontre entre la souche californienne, L452R, et de la mutation sud-africaine, E484K. Mais ce virus indien comporte également d’autres mutations. E484Q et L452R permettent au coronavirus de mieux s’accrocher aux cellules pour se répandre plus facilement. En outre, de récentes études montrent que L452R est plus résistante aux anticorps, explique dans Le Figaro le Pr Gautam Menon, professeur de physique et de biologie à l’université Ashoka, près de New Delhi.

Pour aller plus loin : COVID-19  

Le variant Delta est-il présent en France ?

Plusieurs séries de données ont donc été publiées le jeudi 1er juillet au sujet du variant Delta. Dans son bilan épidémiologique hebdomadaire, publié chaque jeudi soir, Santé publique France indique d’abord que sur la semaine 25 (du 21 au 27 juin 2021) le variant Alpha (britannique) est « toujours majoritaire en métropole mais en diminution » alors que le variant Delta est en « en augmentation importante avec une forte hétérogénéité géographique ». Sur cette semaine, le criblage systématique par RT-PCR des tests positifs pour le SARS-CoV-2 a fait apparaître 24% de suspicions* de variant sud-africain ou brésilien et 20,5% de suspicions de variant Delta.

La deuxième série de données portant cette fois sur la semaine du 22 au 28 juin 2021, soit un jour de plus que la précédente, est issue quand à elle directement du site de Santé publique France. Elle chiffre cette fois la part de variant Delta à 25,8% des tests criblés, soit 1635 résultats positifs sur 8126 résultats de criblages.

Attention : seule la moitié des tests environ (48%) est aujourd’hui criblée, c’est à dire analysée pour identifier une mutation. Par ailleurs, rappelons que depuis le 31 mai, dans les tests de criblage, Santé publique France ne cherche pas précisément le variant Delta, mais trois types de mutations : la mutation E484K portée notamment par les variants Beta et Gamma, la mutation E484Q très marginale et la mutation L452R portée notamment par le variant Delta. L’agence estime qu’une grande majorité des tests faisant apparaitre la mutation L452R (au moins les 2 tiers) correspondent bien au variant Delta.

Hausse des cas

Le variant Delta semble à l’origine d’une hausse des cas en Europe, depuis quelques jours. Plus contagieux, il inquiète les autorités de plusieurs pays, dont l’Allemagne et la France.

Le ministère des Solidarités et de la Santé insiste lourdement sur l’importance de voir la campagne de vaccination se poursuivre et s’accentuer, afin de contrer la progression de ce variant. Plus le nombre de personnes vaccinées sera élevé, moins l’hypothèse d’une quatrième vague épidémique à la rentrée sera certaine, note-t-on. En outre, les vaccins semblent efficaces pour réduire les hospitalisations, les formes graves et les décès, insiste le ministère.

Des vaccins qui ne sont pas à 100% efficaces

Les vaccins qui sont aujourd’hui administrés par les instances sanitaires ne permettent pas une sécurité totale face au Covid-19. C’est le cas par exemple du vaccin Pfizer / BioNTech, qui empêcherait de développer des formes graves du virus dans 95% des cas. Si ces vaccins permettent également d’empêcher en partie la transmission du virus, celui-ci n’empêche pas de contracter le Covid-19.

En conséquence, la vaccination, même complète, n’empêche pas en aucun cas d’être contaminé par le virus. Selon le mathématicien Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste des épidémies et cité par le journal Le Parisien, « plus la couverture vaccinale va être importante, plus on aura de personnes qui seront infectées tout en ayant été vaccinées ». Le phénomène est observé dans les pays qui vaccinent le plus, entre autres, au Royaume-Uni et en Israël : s’il y a de plus en plus de personnes vaccinées, il y a également de plus en plus de personnes à la fois vaccinées et contaminées.

Moins de 9% des contaminés étaient vaccinés

À l’instar de ce qui a été observé en Israël, de nombreuses personnes contaminées par ce variant étaient vaccinées. C’est ce que nous apprend en effet le dernier rapport  hebdomadaire du Public Health England (PHE), publié le vendredi 25 juin. Chaque semaine, l’agence sanitaire britannique fournit des données sur la part de vaccinés parmi les cas confirmés de variant Delta depuis le 1er février. Or, on y lit que sur les plus de 81.000 infections enregistrées jusqu’au 21 juin – chez des personnes dont on connaît le statut vaccinal – 66,4% d’entre elles n’avaient reçu aucune dose. Au contraire, 8,9% possédaient une protection complète. Ce rapport conclut donc au contraire à une protection des personnes immunisées contre la contamination.

Et quid des « formes graves » ? Il s’avère que dans ce même rapport, les autorités sanitaires britanniques publient aussi des informations précises sur le nombre d’hospitalisations parmi les personnes contaminées par ce variant. En tout, sur les 745 patients admis en urgence sur la même période, près de 66% n’étaient pas immunisés. À l’inverse, seuls 10% d’entre eux avaient reçu deux doses. Des chiffres qui poussent les autorités à l’optimisme. Malgré une hausse des cas, le ministre en charge de la vaccination, Nadhim Zahawi, a relevé le 23 juin que les vaccins étaient efficaces puisque « moins d’une personne sur dix hospitalisées à cause du variant Delta a reçu deux doses de vaccin ».

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.
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