COVID-19 : fin 100% télétravail

COVID-19 : fin 100% télétravail

Nouveaux plannings, dialogue avec les salariés et organisation d’événements inédits pour « motiver les troupes »… Depuis plusieurs semaines, Alexandre Bonetti prépare soigneusement le retour des 65 employés de sa start-up dans ses locaux. La date était connue depuis longtemps : alors que, depuis fin octobre, le ministère du Travail préconisait le télétravail à 100% pour les activités qui le permettent, le nouveau protocole en vigueur permet aux employeurs de fixer, à partir de ce mercredi 9 juin et « dans le cadre du dialogue social de proximité », un nombre minimal de jours de télétravail par semaine. « Nous avons eu le temps de nous préparer pour organiser ce retour au bureau de manière progressive », témoigne le PDG de Simplébo – entreprise spécialisée dans la création de sites Internet -, qui a choisi de faire revenir ses salariés petit à petit.

Pour permettre à son équipe de se retrouver en toute sécurité, Alexandre Bonetti a ainsi mis en place une « jauge de remplissage » de ses locaux : seuls 15 collaborateurs pourront, à partir de ce mercredi, se retrouver sur site. Le mois prochain, ils seront 20. « Puis 25 le mois d’après, et ainsi de suite », explique le co-fondateur, qui compte sur la bonne volonté de ses employés pour respecter cette jauge. Une astuce qui permet de s’adapter à la situation sanitaire, et qui pourrait également motiver les salariés à revenir en présentiel. « Puisqu’il y a cette notion de ‘rareté’ des places, ils sont plus déterminés à s’inscrire », glisse-t-il.

Le télétravail reste la règle

Travailler depuis chez soi reste « une des mesures les plus efficaces pour prévenir le risque d’infection au Covid-19 », rappelle en préambule le ministère du Travail dans son protocole sanitaire. Cependant, les règles s’assouplissent et le « 100% télétravail » n’est plus obligatoire afin de permettre un retour progressif au bureau. Pour cela, le ministère a laissé la main aux entreprises, en concertation avec leurs partenaires sociaux, pour décider du nombre minimum de jours télétravaillés pour les activités qui le permettent.

Interrogée mercredi 9 juin sur franceinfo, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, a d’ailleurs réitéré son invitation à toutes les entreprises du secteur privé de négocier un accord sur le télétravail avec leurs salariés. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre service des ressources humaines pour connaître le rythme de télétravail possible dans votre entreprise.

Pour les travailleurs de la fonction publique, la règle est de trois jours de télétravail par semaine jusqu’au 1er juillet 2021, date à laquelle le nombre passera à deux jours si la situation sanitaire le permet. A compter du 1er septembre 2021, le régime de droit commun s’appliquera ainsi que le nouvel accord-cadre télétravail s’il est signé, précise le site Service-public.fr.

Les personnes vulnérables continuent de travailler depuis leur domicile

Si vous faites partie des personnes vulnérables identifiées dans le décret 2020-1365 du 10 novembre 2020, votre employeur doit vous proposer de télétravailler quand cela est possible. C’est le cas des plus de 65 ans, des personnes avec des antécédents cardiovasculaires, atteintes de diabète, d’immunodépression ou d’une maladie rare, mais aussi des femmes entrant dans leur troisième trimestre de grossesse.

En cas d’impossibilité de travailler à domicile, l’employeur doit assurer la sécurité de ses salariés vulnérables en mettant notamment à leur disposition un bureau individuel quand cela est possible, en adaptant leurs horaires de travail afin d’éviter un trop grand nombre de contacts et en assurant une désinfection régulière de leur poste de travail au moins en début et en fin de vacation.

Les règles sanitaires doivent être respectées

La pandémie étant toujours d’actualité les règles sanitaires le sont aussi. L’employeur est tenu de veiller à la sécurité sanitaire de ses salariés en assurant le nettoyage et la ventilation ou l’aération des locaux et en évitant au maximum les contacts rapprochés. Dès l’entrée dans votre entreprise, un sens unique de circulation doit être mis en place avec un marquage lisible au sol pour éviter les croisements et les retours en arrière. Les horaires d’arrivée et de départ peuvent être également adaptés, pensez à vérifier si c’est le cas dans votre entreprise. Si vous devez participer à des réunions, le nombre maximum de personnes à l’intérieur de la salle doit être indiqué à l’entrée de celle-ci.

Pour aller plus loin : COVID-19  

Prendre le temps de se réacclimater à la vie de bureau

Pour une reprise réussie, il est important de prendre son temps, insiste Virginie Bapt. À l’issue des confinements successifs, certains Français ont développé une anxiété qui s’apparente à une forme de misanthropie ou d’agoraphobie, ce que les psychanalystes ont baptisé « syndrome de la cabane ». Apparu en mai dernier, le terme décrit « une peur de l’autre ».

Être collé à ses congénères dans le métro pendant les heures de pointe, se mélanger aux foules de passants à longueur de journée finit par effrayer les télétravailleurs, accoutumés à un cocon, un endroit agréable, protégé, où l’on vit à son propre rythme. « Il faudra que les managers laissent le temps à leurs employés de se réadapter à leur lieu de travail, aux contraintes horaires et à leurs collaborateurs », prévient Virginie Bapt. Les salariés, eux, devront se réacclimater à leur charge de travail : inutile d’accumuler les heures supplémentaires pour rattraper le retard du dernier confinement, prévient la psychothérapeute.

Repenser l’intelligence collective

« On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. Il faut reprendre le travail, mais autrement, en tirant des leçons des derniers confinements et des compétences qu’ils nous ont permis d’acquérir », résume Virginie Bapt. Pour ce faire, la psychothérapeute invite les salariés et les managers à repenser l’intelligence collective de leur service ou de leur entreprise. Définir et distinguer les tâches qui peuvent être effectuées en parfaite autonomie (et donc en télétravail) de celles qui nécessitent la présence de tous. Il faut donc « exploiter » ces moments de réflexion communs, les mettre à profit pour ne plus perdre de temps.

Les visioconférences sur Zoom ou Microsoft Teams par exemple, ont permis d’abréger des réunions interminables et d’en faire des rendez-vous virtuels plus courts et pertinents, selon la coach parisienne. Mila Elhamdi insiste, elle, sur les compétences informatiques que chacun a pu acquérir en se formant à ces nouveaux outils, et donc sur la transition numérique, également accélérée par ces logiciels. L’autonomie et la liberté engendrées par le télétravail se révèlent des valeurs qui doivent également être sauvegardées dans l’intérêt de chaque salarié et pour le bon fonctionnement d’une équipe.

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.