COVID-19, la Corse sous tension

COVID-19, la Corse sous tension
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La quatrième vague de Covid-19 entraîne une augmentation des hospitalisations dans plusieurs régions françaises, au point que la Corse, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie ont enclenché entre mardi 3 et mercredi 4 août le plan blanc pour leurs établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés. Ce dispositif n’a pas été utilisé depuis la deuxième vague à l’automne 2020.

Les contaminations sur un plateau ?

Ainsi, alors qu’à part le pass sanitaire, peu de restrictions sont imposées cet été, la hausse des personnes déclarées positives au Covid-19 semble entamer une phase de plateau, depuis le 26 juillet dernier. Attention, cela peut évidemment évoluer très rapidement dans un sens comme dans l’autre, dans les prochaines jours.

Le taux d’incidence a également tendance à stagner dans toutes les catégories d’âges, à l’échelle nationale. Chose très particulière, ce taux entame une très légère baisse chez les 20-29 ans. Cela reste à confirmer avec l’évolution des prochains jours, mais cette baisse pose de nombreuses questions, car les jeunes étaient les plus contaminés jusqu’à présent et ont eu accès à la vaccination très tardivement. Et ce n’est pas lié à une baisse du nombre de tests, celui-ci étant même en train d’augmenter. 

La situation dans les départements d’Outre-mer est très différente, car là-bas la couverture vaccinale est environ deux fois moins élevée qu’en France. Le taux d’incidence est de 1085 en Martinique, actuellement reconfiné pour au moins trois semaines. La Guadeloupe recense également 854 malades du Covid-19 pour 100.000 habitants, département lui aussi sous le coup de restrictions renforcées. Autre département sous cloche: la Réunion a un taux d’incidence un peu moins élevé, autour de 400.

Besoin d'”un traitement particulier”

“Ce patient nécessite un traitement particulier qu’on ne peut pas gérer ici. On initie ce traitement mais ensuite il faut une prise en charge sur le continent”, a précisé à l’AFP André De Caffarelli, directeur médical des unités Covid du centre hospitalier de Bastia. “Il s’agit d’un patient atteint d’une forme grave de Covid-19, actuellement placé sous assistance respiratoire extra-corporelle (ECMO)”, a détaillé l’ARS en précisant que l’équipe médicale l’accompagnant était du centre hospitalier d’Ajaccio.

“Ce transfert s’intègre dans le cadre de l’activation mardi du plan blanc régional, et permet de relâcher temporairement la tension des services de réanimation régionaux”, a ajouté l’ARS, dans un contexte de forte circulation du virus et avec “une augmentation très nette de patients justifiant d’une hospitalisation”. “Si on peut transférer un ou deux patients, ça serait bien”, les cinq lits de réanimation Covid bastiais étant actuellement occupés, a de son côté indiqué à l’AFP Jean-Mathieu Defour, directeur de l’hôpital.

Pour aller plus loin : COVID-19  

Coronavirus en Corse : un patient évacué

Au total, 68 personnes sont hospitalisées dont 15 en réanimation ou soins intensifs sur l’Ile de beauté

Un patient souffrant du Covid-19 et nécessitant un traitement particulier doit être évacué jeudi en fin d’après-midi de l’hôpital de Bastia vers Marseille à bord de l’hélicoptère Puma de l’armée, ont indiqué l’hôpital de Bastia et l’Agence régionale de santé ( ARS) de Corse.

« Ce patient nécessite un traitement particulier qu’on ne peut pas gérer ici. On initie ce traitement mais ensuite il faut une prise en charge sur le continent », a précisé André De Caffarelli, directeur médical des unités Covid du centre hospitalier de Bastia.

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Le “plan blanc” déclenché jeudi

L’ARS a déclenché mardi le “plan blanc” permettant aux hôpitaux d’augmenter leurs capacités alors que l’île de Beauté est actuellement fréquentée par des dizaines de milliers de touristes et que le taux d’incidence des jeunes de 15 à 19 ans est à 1.900 pour 100.000 habitants. Ce taux est de 659 pour l’ensemble de la Corse toutes catégories d’âge confondues, ont précisé mercredi les préfets et l’ARS.

Depuis le début de l’épidémie, l’île a déjà connu des évacuations sanitaires.  Le 22 mars 2020, 12 premiers malades atteints de Covid-19 avait été évacués pour soulager l’hôpital d’Ajaccio à bord du porte-hélicoptères Tonnerre vers quatre hôpitaux marseillais. D’autres transferts avaient également été organisés quelques jours plus tard.

Que permet le plan blanc ?

En tout premier lieu, le dispositif prévoit la mise en place dans chaque établissement d’une cellule de crise sous l’autorité du directeur. La cellule doit ensuite s’assurer qu’il y a assez de soignants pour répondre à la crise, adapter l’activité médicale et renforcer les moyens de l’établissement de santé. Le plan blanc permet de redéployer des effectifs, d’ouvrir des lits supplémentaires pour accueillir les malades à venir, mais aussi de déprogrammer et de reporter des opérations non urgentes.

Les hôpitaux doivent également mobiliser l’ensemble de leur personnel et gérer le matériel nécessaire à l’afflux potentiel de patients. Le plan blanc permet donc de reporter les congés du personnel soignant. À cet égard, l’ARS Paca lance un appel à la solidarité “à tous les professionnels de santé volontaires de la région pour venir en soutien des équipes soignantes à l’hôpital”, afin de soulager “les soignants déjà lourdement mis à l’épreuve durant les trois vagues précédentes”.

Combien de temps dure-t-il ?

Le plan blanc dure autant de temps que la crise. Les directeurs d’établissement de santé peuvent choisir de le lever sur instruction des ARS, en coordination avec les préfets des départements ou régions concernés. L’ARS de la Corse a annoncé que le plan blanc était actif pour au moins quatre semaines, les autres régions concernées n’ont pas avancé de date.

Les derniers plans ont été levés progressivement par chaque région. Les Pays de la Loire l’ont levé le 31 mai dernier, les Hauts-de-France le 11 juin, et l’Ile-de-France le 17 juin. Des durées inhabituellement longues, en cohérence avec la situation sanitaire depuis le début de la pandémie de Covid-19. Jusque-là, la durée du plan blanc variait de quelques heures à quelques semaines.

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.