Covid-19 : le variant Delta gagne du terrain

Covid-19 : le variant Delta gagne du terrain

Alors que certains pays lèvent leurs restrictions, le variant Delta se répand en Europe. La France, comme d’autres pays, est sur ses gardes pour éviter une flambée épidémique comme celles qui touchent la Russie et le Royaume-Uni.

Pour l’instant, la France résiste au variant Delta, encore minoritaire, et poursuit sa levée des restrictions. Mais face à l’augmentation du nombre de cas liés à ce variant, plus agressif et plus contagieux, les autorités sanitaires sont sur leurs gardes. D’autant qu’il circule de plus en plus en Europe.

Un variant COVID-19 Indien

Le variant Delta, également appelé variant indien, entraîne actuellement un rebond des cas au Royaume-Uni, au Portugal et à Moscou.

L’automne pourrait être synonyme de quatrième vague en France, sous l’effet du variant Delta. Également appelé variant indien, il est responsable d’une reprise de l’épidémie au Royaume-Uni, où le nombre de nouveaux cas par jour approche les 10 000, en hausse de plus de 30% par semaine, et se répercute sur les entrées à l’hôpital.

Le Portugal enregistre un phénomène similaire sous l’effet du variant Delta, avec une hausse de 40% du nombre de nouveaux cas par semaine. La région de Lisbonne a même dû reprendre des mesures strictes ce week-end, interdisant de sortir de la région de vendredi soir à lundi matin, afin d’éviter la propagation de Delta dans les autres régions du pays.

Propagation fulgurante en Europe

La Grande-Bretagne est confrontée ces dernières semaines à une hausse des cas de Covid en raison de ce variant identifié en Inde, et devenu majoritaire Outre-Manche. Et malgré une large couverture vaccinale, le gouvernement de Boris Johnson a dû reporter au 19 juillet la levée des dernières restrictions.

Au Portugal, pays d’Europe où l’épidémie progresse avec le plus de virulence, devant le Royaume-Uni, le variant Delta est déjà devenu prédominant à Lisbonne et sa grande banlieue, représentant plus de 60% des nouveaux cas détectés.

En Russie, Moscou et Saint-Pétersbourg sont particulièrement touchées, avec environ 90 % des nouveaux cas dus au variant Delta, qui entraîne des records de contamination, tandis que la vaccination patine.

En Italie, en Belgique et en Allemagne aussi le variant indien gagne du terrain, même si la tendance est au recul de l’épidémie. « La question n’est pas de savoir si Delta deviendra majoritaire, mais de savoir quand », a notamment déclaré l’infectiologue allemand Lothar Wieler.

96% des cas séquencés au Portugal

Le variant Delta se propage en Europe. Au Royaume-Uni, qui a séquencé 30% des cas positifs, 98% sont du variant Delta. Au Portugal, qui a séquencé 5% des cas positifs, Delta représente 96% de ces cas. L’Italie, qui séquence 2% des cas, a identifié 26% de cas Delta, et la France, avec 1% des cas séquencé, identifie près de 7% de ce variant.

En France à l’automne ?

En France, les indicateurs sont au vert et le variant Delta ne représente pour l’instant que 2 % à 4 % des tests positifs, selon le ministre de la Santé Olivier Véran. Mais les autorités sanitaires prennent son émergence très au sérieux « compte tenu de sa transmissibilité accrue par rapport » au variant Alpha (britannique, majoritaire en France), « d’une possible augmentation de la sévérité de l’infection et de données préliminaires en faveur d’une efficacité vaccinale légèrement diminuée, surtout lors d’un schéma vaccinal incomplet. »

« Ce qu’il s’est passé avec le variant Alpha en Grande-Bretagne est ensuite arrivé en France », rappelle dans » Le Parisien » Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie à l’université Versailles. Les spécialistes craignent donc une reprise de l’épidémie à l’automne.

L’enjeu de la vaccination

Mais cette possible quatrième vague, si elle a lieu, ne devrait pas ressembler à celle qui a submergé le pays à l’automne dernier. Notamment grâce à la vaccination.

Selon l’étude britannique ZOE Covid, 77 % des personnes infectées en Grande-Bretagne n’étaient pas vaccinées. Les autres n’avaient reçu, majoritairement, qu’une seule dose de vaccin, essentiellement l’AstraZeneca. Or l’étude de Public Health England (PHE) montre une protection de 96 % contre les hospitalisations pour le vaccin Pfizer/BioNTech et de 92 % pour AstraZeneca. À condition d’administrer deux doses.

Et justement, pour accélérer les deuxièmes injections, le ministère de la Santé a annoncé récemment que le délai entre deux doses de vaccin Pfizer et Moderna, majoritaires en France, pouvait être réduit à 21 jours, au lieu de 35 à 49 jours.

Covid-19. Trois cas de variant Delta avérés à Rennes

Le variant Delta s’implante en Bretagne. Ce matin, l’Agence régionale de santé annonce deux nouveaux cas avérés dans le quartier Villejean-Kennedy à Rennes, corroborant les informations données sur l’antenne de nos confrères de France Bleu.

Un cas avait déjà été détecté en fin de semaine dernière dans le même quartier et des analyses par le biais d’un séquençage doivent encore confirmer des suspicions : deux en Ille-et-VIlaine et deux dans le Finistère.

Contacté, Stéphane Mulliez, le directeur de l’ARS précise que les personnes contaminées à Rennes n’ont pas de liens entre elles (ni familiaux, ni amicaux). Pour l’instant, impossible de savoir comme ce variant est arrivé en Bretagne. “Le contact tracing de ces cas ne permet pas d’établir un lien direct avec l’Inde ou l’Angleterre.”

Casser la chaîne de transmission

L’ARS souligne que des mesures sont prises depuis lundi pour casser la chaîne de contamination. Les cas contacts ont été repérés et un isolement est mis en place. La population de ce quartier va être soumis à des tests, notamment dans les écoles. Des médiateurs LAC (lutte anti-covid) vont être déployés. La campagne de vaccination est renforcée. “On sait que le vaccin est efficace pour se prémunir des formes graves” insiste Stéphane Mulliez.

Le variant Delta identifié en Inde évolue sur le territoire. Il pourrait prendre le pas sur le variant anglais, selon les épidémiologistes. Sa contagiosité est plus forte et ses symptômes ressemblent à ceux d’une grippe ou d’un rhume avec maux de tête, de gorge, nez qui coule et fièvre.

L’ARS Bretagne sait que ce variant gagnera du terrain dans la région et mise sur une grande réactivité. “Nous sommes sereins car nous sommes expérimentés. Nous avons déjà eu à traiter d’autres variants comme dans le Trégor.”

Boris