Défendre l’enseignement en breton

Défendre l’enseignement en breton

« Peuples en lutte », le thème du festival de cinéma de Douarnenez (Finistère), était un bon prétexte pour l’organisation d’une table ronde pour défendre l’enseignement immersif du breton, après la censure partielle de la loi sur les langues régionales par le Conseil constitutionnel, fin mai.

Outre le député du Morbihan Paul Molac, des représentants d’associations et du conseil régional étaient présents. Vêtu d’un t-shirt rouge où on lit l’inscription « Ha bremañ ? Et maintenant ? », Tangi Louarn, de l’association Kevre Breizh, n’y va pas par quatre chemins : « Puisque la Constitution ne reconnaît qu’une seule langue, un changement de constitution semble être la seule voie réaliste. »

Fort du succès de la mobilisation citoyenne qui avait réuni 10 000 manifestants à Guingamp (Côtes-d’Armor), le réseau Diwan compte bien défendre son modèle, comme l’explique son président, Yann Uguen : « Nous allons voir sous quelle forme, mais oui, nous allons nous mobiliser cet automne. Il y a matière à se rassembler. » Avec l’idée de faire entrer la défense de l’enseignement du breton dans les débats de la présidentielle.

Pour aller plus loin : Nantes

Journée de discussion sur l’enseignement en breton

À Douarnenez, Kevre Breizh, la Coordination Culturelle de Bretagne, réunissait, mercredi 25 août, associations, enseignants de filières bilingues, élus et universitaires pour parler de l’avenir de la langue bretonne après la décision du Conseil Constitutionnel, en mai dernier, de censurer une partie de la loi de promotion des langues régionales, la « Loi Molac ». Il s’agissait, notamment, des dispositions concernant « l’enseignement immersif », qui consiste a effectuer une grande partie du temps scolaire dans une autre langue que le français.

Rapport Euzet

Le 21 juillet, le rapport Euzet/Kerlogot était remis au premier Ministre ainsi qu’au ministre de l’Éducation Nationale. Un rapport « qui ne propose pas beaucoup de solutions », explique Tangi Louarn de Kevre Breizh. « On nous dit qu’on fait un très bon travail [à Diwan NDLR]… Mais que c’est interdit », continue-t-il. Claudine Perron, vice-présidente d’Emglev Bro An Oriant, ajoute : « La modification de la Constitution ne reconnaît que le français. Les autres langues sont considérées comme du patrimoine ».

Au programme de la rentrée, une rencontre avec Jean Castex, qui « devrait rendre l’agenda plus clair », selon Yan Uguen, président de Diwan. Le Contrat de Plan État Région 2021-2027, qui définit le financement d’aménagements du territoire, devrait être « un autre moment de tension ». Autant de rendez-vous qui promettent, toujours selon Yan Uguen, « un bel automne mouvementé ».

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.