Fin du contrat sur les sous-marins australiens

Fin du contrat sur les sous-marins australiens

Coup dur pour l’industrie navale française. L’Australie a confirmé jeudi 16 septembre la rupture du contrat conclu en 2016 avec la France pour la fourniture de 12 sous-marins conventionnels. La France voit un contrat de 56 milliards d’euros échapper à son industrie navale. « C’est un coup de poignard de l’Australie qui interroge sur la politique internationale menée par notre pays », a réagi auprès de l’AFP Benoît Arrivé, maire PS de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), où se trouve la société Naval Group. Il évoque une « vraie déception industrielle et humaine », « une vraie claque à la politique étrangère française ».

Tension avec la Chine dans la région indo pacifique

Rien n’y a fait. Dans les coulisses, l’administration Biden préparait avec la Grande Bretagne et l’Australie un pacte nommé Aukus sur fond de tension avec la Chine dans la région indo pacifique. Et dès juin dernier, l’Australie laissait entendre qu’elle pourrait avoir un « plan B ».

Dévoilé mercredi cet accord prévoit une collaboration des trois pays en matière de défense.

La France a aussitôt fustigé une « décision regrettable » et « contraire à la lettre et à l’esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l’Australie », selon un communiqué conjoint des ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

Des liens étroits

Depuis cinq ans, des liens étroits se sont liés entre la région de l’Australie du Sud et Cherbourg. La qualité de l’accueil des travailleurs australiens et de leur famille dans le Cotentin avait été saluée par l’Ambassade d’Australie.

J’ai une pensée pour ces familles, qui aiment Cherbourg, mais aussi pour les Français partis travailler en Australie. Nous allons voir comment cela s’organise dans les prochaines semaines. En tant que municipalité, ce que nous avons tissé avec l’Australie, ce sont d’abord des liens humains et forts. Il n’y a aucune raison de remettre en cause ce que nous avons fait avec la ville de Port Adélaide. C’est une décision qui les dépasse. Je le redis, il y a des humains derrière, qui ne sont pas responsables de ce qu’il se passe.

« Pour des générations »

Comme Joe Biden, qui a qualifié Paris de « partenaire clé », le Royaume-Uni s’est voulu conciliant: « Nous n’avons pas l’intention de faire quoi que ce soit qui puisse contrarier les Français », a promis le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace.

Mais dans les faits, le nouveau partenariat de sécurité inflige un revers majeur à la stratégie de Paris dans la zone indo-pacifique, fondée sur des partenariats avec l’Inde et l’Australie.

« Le Royaume-Uni, l’Australie et les Etats-Unis vont être liés encore plus étroitement, ce qui reflète le degré de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié », a déclaré Boris Johnson, qui engrange là un succès diplomatique certain dans sa stratégie pour éviter l’isolement international après le Brexit.

« Sur la base de notre histoire commune de démocraties maritimes, nous nous engageons dans une ambition commune pour soutenir l’Australie dans l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire », ont fait savoir les trois partenaires dans un communiqué commun, qui précise qu’il s’agit bien de propulsion, et non d’armement.

« Le seul pays avec lequel les Etats-Unis ont jamais partagé ce type de technologie de propulsion nucléaire est la Grande-Bretagne » à partir de 1958, avait indiqué plus tôt un haut responsable de la Maison Blanche. « C’est une décision fondamentale, fondamentale. Cela va lier l’Australie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour des générations ».

Selon ce haut responsable, le pacte « AUKUS » prévoit aussi une collaboration des trois pays en matière de cyberdéfense, d’intelligence artificielle et de technologies quantiques.

La Nouvelle-Zélande, qui interdit ses eaux à tout navire à propulsion nucléaire depuis 1985, a annoncé que les futurs sous-marins de son voisin et allié australien ne seraient pas les bienvenus chez elle.

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.