Immobilier : le grand retour vers les petites villes

Immobilier : le grand retour vers les petites villes

Un an et demi après le début de la pandémie de Covid-19, la pierre reste plus que jamais la « valeur refuge » des Français. Un engouement qui entraîne une augmentation des prix, surtout dans les métropoles.

Le marché immobilier est plus dynamique que jamais ! Qu’il s’agisse de s’offrir plus d’espace pour pouvoir télétravailler dans de bonnes conditions ou d’investir dans une ville étudiante pour faire un placement rassurant, les projets ne manquent pas. Le nombre de transactions devrait atteindre 1,15 million de ventes en 2021, selon les notaires.

Autant qu’en 2019, qui était déjà un cru exceptionnel. Une telle vitalité tire les prix vers le haut, surtout dans les grandes villes. A Strasbourg, Nantes et Marseille, on observe par exemple une augmentation de 6 % à 10 % pour les appartements et les maisons.

Marché immobilier dynamique, mais vert les petites villes

Le marché immobilier reste dynamique, mais à cause des fortes hausses de prix dans de nombreuses villes, l’appétit des acheteurs s’émousse faute de trouver des biens dans des tarifs accessibles. D’ici à la fin de l’année, la tendance devrait donc être à la stabilisation.

Fin 2020, les tarifs avaient – encore – progressé dans toutes les grandes agglomérations, et ils ont continué sur cette lancée au premier semestre 2021. Conclusion: fin juin, selon les notaires, le prix médian d’un appartement ancien dépassait 3000 €/m² dans huit des dix plus grandes métropoles, Montpellier (2960 €/m²) et Marseille (2670 €/m²) restant un peu en dessous de ce seuil. La raison de ce fort dynamisme est toujours à chercher du côté du financement. Les taux de crédit étant restés extrêmement bas, les ménages ont pu emprunter davantage en rallongeant la durée de leurs prêts et donc… acheter un peu plus cher.

De nombreux Français quittent leur ville, en quête d’une meilleure qualité de vie.

Le phénomène alimente la hausse des prix de l’immobilier dans beaucoup de communes et génère des frictions avec les locaux.

La gentrification des petites et moyennes villes de France est-elle en marche ? Sondage après sondage, les Français plébiscitent ces communes à échelle humaine – moins de 20 000 habitants – dans lesquelles on est aussi près des commerces que de la nature.

« On a tous en nous un peu de villes moyennes, associées à l’enfance, aux vacances ou aux photos de [Raymond] Depardon », résumait le consultant en stratégies territoriales Nicolas Rio, dans son commentaire d’un sondage de La Fabrique de la Cité, effectué fin 2020. Celui-ci montrait que 90 % des personnes interrogées souhaiteraient vivre dans une petite ou moyenne ville, que 84 % préféraient la maison à l’appartement et que 75 % n’aimeraient pas habiter la région parisienne, assimilée à un repoussoir.

La même conclusion se dégage d’une enquête de l’IFOP qui, du 27 mai au 3 juin 2021, a sondé 1 800 Français à la demande de la Banque des territoires et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires : 86 % d’entre eux considèrent que résider dans une ville de taille moyenne est préférable, soit trois points de plus qu’en 2020, à la sortie du premier confinement.

Dans la campagne de Toulouse, « quelques tensions entre néoruraux et habitants historiques »

Les petites villes de la vallée du Tarn, près de Toulouse, connaissent, elles aussi, un essor démographique : « On s’est laissé un an, après avoir quitté Toulouse, pour tester notre nouvelle vie et l’heure du bilan a sonné : les bouchons ne me manquent pas ! », sourit Florence Millet, trentenaire installée, depuis juillet 2020, à Ambres, un village de 1 000 habitants, dans une maison de 130 mètres carrés entourée d’un jardin de 1 000 mètres carrés, avec son compagnon et leur bébé.

Elle égrène les avantages de cette nouvelle vie « au vert » : « Nous n’avons plus aucune nuisance et toutes les commodités, clinique, crèche, supermarché, sont à moins de quatre kilomètres de chez nous ». Florence travaille à domicile et se déplace rarement à Toulouse, tandis que Théodore, éducateur spécialisé, s’y rend quatre jours par semaine – un trajet de quarante-cinq minutes.

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.