Interdiction des véhicules Crit’air 4 et 5

Interdiction des véhicules Crit’air 4 et 5

La mesure qui devait entrer en vigueur à partir du 1er janvier s’applique à partir de ce mardi 1er juin en Île-de-France. Les véhicules à vignette Crit’Air 4, les plus polluants, ne peuvent plus circuler à l’intérieur de l’A86, en semaine et en journée, de 8h à 20h. Seul bémol : les lacunes d’une telle disposition en cas d’absence de verbalisation.

Si vous possédez un véhicule Crit’Air 4, attention, il n’est plus possible de circuler dans le Grand Paris de la même manière. À partir du mardi 1er juin 2021, tous les véhicules avec cette vignette -les plus anciens et polluants- ont l’interdiction de circuler à l’intérieur du périmètre de l’A86, l’autoroute qui encercle la petite couronne du Grand Paris.

Plus précisément, c’est à l’intérieur de la zone à faibles émissions (ZFE) du Grand Paris que ces véhicules diesel de plus de 15 ans ont désormais l’interdiction de rouler. Une nouvelle étape a été franchie ce mardi depuis la mise en place de la ZFE en juillet 2019, qui avait déjà banni de la circulation parisienne les véhicules Crit’Air 5. Pour faire simple, tous les types de véhicules motorisés diesel immatriculés avant le 1er janvier 2006, ainsi que ceux immatriculés avant le 1er juillet 2004 pour les deux-roues, n’ont plus la possibilité de rouler à l’intérieur de cette zone, comprenant 70 communes.

Ainsi, la Métropole du Grand Paris vient appuyer l’action de la Ville de Paris, qui applique cette même mesure depuis un peu plus d’un an. En revanche, les maires de certaines villes comme Bobigny et Créteil s’opposent encore et toujours à la mise en place de cette ZFE. Seulement, demain les compétences en matière de gestion de la circulation et de la pollution devraient revenir aux métropoles, si la loi Climat est approuvée par le Parlement.

Surtout, ni le gouvernement ni les autorités régionales n’ont annoncé un renforcement des contrôles routiers à ce sujet. D’ici fin 2021, un système de verbalisation automatique devrait être testé.

Plusieurs maires, comme celui du Kremlin-Bicêtre, demandent un report de cette restriction qu’ils jugent trop dure pour les ménages n’ayant pas les moyens d’acheter un véhicule plus propre.

Les voitures de plus de 15 ans interdites dans 79 communes d’Île-de-France

Dans certaines communes, notamment en Seine-Saint-Denis, les Crit’air 4 et plus représentent plus de 20 % des véhicules, comme à Bondy ou La Courneuve. Il est vrai que si l’on a un reste à charge de plusieurs milliers d’euros [pour changer de voiture], ce sera compliqué pour ces ménages. Je pense qu’il faut se poser la question du coût de l’accompagnement financier, mais aussi de l’offre de mobilité qu’on va proposer. Si l’on applique cette mesure, il faut que derrière on puisse montrer les alternatives possibles, sur les transports en commun, le développement du vélo, la piétonisation, et ce à l’échelle métropolitaine, pas seulement à Paris. En Île-de-France, on peut encore progresser. On ne doit pas rester uniquement sur le débat d’interdire la voiture : c’est un sujet beaucoup plus global autour de la mobilité.

S’il y a moins de pollution liée aux vieilles voitures dans les villes, il reste des lieux exposés comme les écoles, notamment près des périphériques ?

Ces lieux sont très soumis aux concentrations de polluants, donc évidemment qu’il faut réduire la place de la voiture. Mais il faut aussi mener une réflexion sur les projets urbains et le choix de l’implantation des écoles. La réponse n’est pas qu’autour de la voiture, elle est globale.

Les propriétaires de vieilles voitures sont-ils tous prêts pour cette opération ?

Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui tous les usagers de la métropole soient au courant que nous sommes dans une première phase de transition et qu’en 2024, on interdira complètement les véhicules diesel. Honnêtement, je ne suis pas sûr que cette échéance soit connue de tous. Il faut à la fois comprendre l’enjeu, mais aussi expliquer et accompagner cette transition qui est nécessaire. Être attentif aux enjeux sociaux, c’est le seul moyen pour qu’il y ait une vraie acceptabilité des mesures de lutte contre la pollution.

Développement de « la vidéo verbalisation »

« Le gouvernement est attaché à mettre en place les systèmes de contrôle permettant de s’assurer du respect des ZFE », a souligné le ministère de la Transition écologique auprès de l’AFP. Mais « nous sommes dans une phase d’information et de sensibilisation face à ce nouvel objet que sont les ZFE et que les Français découvrent », alors « les collectivités prévoient toutes des phases de contrôles pédagogiques ».

« Le gouvernement a proposé aux collectivités le développement d’ici fin 2021 de la vidéo verbalisation assistée par ordinateur, mais cette solution n’est pas souhaitée par les collectivités », a précisé le ministère.

La « mobilité inclusion » n’est pas concernée

Des travaux ont ainsi lieu en parallèle « pour mettre en place une solution pérenne de Contrôle Sanction Automatisé, qui nécessite un fort travail de développement pour homologuer des radars et construire une chaîne d’information automatisée et fiable », qui prenne notamment en compte les différentes dérogations pour les véhicules sur « liste blanche », a précisé le ministère.

L’interdiction de circuler dans la zone ne s’applique pas aux porteurs d’une carte « mobilité inclusion » comportant la mention « stationnement pour les personnes handicapées », ni aux véhicules de collection, de secours, ou aux véhicules utilisés pour approvisionner les marchés, ou pour des déménagements, des événements culturels ou des tournages.

Dérogations pour certains professionnels

La Métropole prévoit également des dérogations en faveur des professionnels impactés par la crise sanitaire, sur justificatif : sont concernés les véhicules des entreprises ayant bénéficié d’un prêt garanti par l’État, du fonds de solidarité, ou de mesures de la région Île-de-France. « Déjà adopté par 247 villes ou métropoles européennes, ce dispositif est reconnu comme particulièrement efficace pour réduire les émissions provenant du trafic routier, l’une des principales sources de pollution en ville », a souligné la Métropole du Grand Paris lundi, dans un communiqué.

Amende de 450€

Si vous comptez braver l’interdiction avec votre vieux diesel Crit’air 4 ou 5 dans Paris, vous êtes passible d’une amende de 450€ qui se limite généralement à 68€. Notez au passage que ces restrictions de circulation en fonction de l’âge de la voiture vont progressivement s’étendre aux autres villes. A moyen terme, il va devenir très compliqué de circuler avec un véhicule diesel. Compte tenu de l’âge actuel du parc automobile français (plus de 10 ans en moyenne), de nombreux automobilistes vont se retrouver exclus des centres-villes.

Boris NAULLEAU

Boris NAULLEAU

Il est un ancien journaliste de presse nationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités locales. Boris NAULLEAU est un expert des questions relatives aux collectivités.