L’actualité des médias

L’actualité des médias

Promoteurs et porteurs de la culture de masse, les médias, écrits d’abord puis audiovisuels (radios, télévisions), ont été et restent encore des acteurs incontournables dans la diffusion de la culture et dans la structuration des marchés culturels, en particulier des produits culturels. Pour ces derniers, aucune offre de quelque importance ne peut exister sans plan-médias et sans médiatisation réussie. Le « diktat » des médias peut être décisif dans certains cas et nécessite une intervention régulatrice des pouvoirs publics (par exemple les quotas de production de phonogrammes de langue française au Québec, ou d’œuvres audiovisuelles d’origine européenne sur les télévisions françaises).

La plupart des grands groupes opérant dans les industries culturelles sont également leaders dans le secteur des médias écrits, audiovisuels et d’Internet : AOL Time Warner, Lagardère, Bertelsmann, Sony, etc. (quand ces médias sont utilisés conjointement, on parle alors de médias multiplateformes13).

Ces conglomérats financiers que l’on peut qualifier de « médiatico-culturels », ayant grandi par croissance externe ou fusion, sont présents sur les principaux marchés des produits culturels éditoriaux (livres, phonogrammes, vidéogrammes, presse écrite, jeux vidéo…) et des offres médiatiques. Leur stratégie dans le domaine des médias doit en revanche tenir compte de deux contraintes majeures : les réglementations publiques, qui dans de nombreux pays contrôlent leur concentration (respect de l’information…) et la barrière linguistique, frein « naturel » au développement de certains marchés comme la presse, le livre et tous les contenus linguistiques. Néanmoins, cet obstacle est de moins en moins fort, en raison de la prédominance de l’anglais. Les groupes médiatico-culturels (le plus souvent classés dans le secteur de la communication) sont ainsi les acteurs majeurs de la concentration financière et de la concentration de l’offre, allant à l’encontre de la diversité culturelle et de la diversité linguistique12.

Si les médias ont été des acteurs clés de la constitution des « majors » dans les différents secteurs qui se sont structurés autour d’oligopoles à frange (cinéma, musique enregistrée…), ils sont aujourd’hui eux-mêmes menacés par le développement d’Internet et de nouveaux acteurs liés quant à eux aux offres et aux pratiques sur le Web (Google, Yahoo, Facebook, Twitter, MyMajorCompany…). Ainsi, dans le secteur de la musique enregistrée, les deux piliers de la concentration, d’une part le couple star/major et, d’autre part, les réseaux professionnels coopératifs associant publishing, scène, médias écrits et audiovisuels, sont considérablement mis à mal par le développement d’Internet. L’évolution rapide des usages sociaux qui en a résulté (ce que Bernard Stiegler appelle la consom’action) va à l’encontre de l’exposition traditionnelle des produits et du modèle économique de la marchandisation à grande échelle sur lequel reposait jusqu’à présent le système médiatico-culturel14.

Dans de nombreux pays, le secteur des médias relève également du champ culturel, en particulier pour l’intervention publique ; par exemple en France avec un ministère de la Culture et de la communication ou au Royaume-Uni avec le Department for Culture, Media and Sport (DCMS) créé par le gouvernement de Blair en 199612.

Les nouveaux médias permettent l’hyperchoix (décrit par Alvin Toffler dans Le Choc du futur) et sont hyper-spécialisés, au détriment de ceux qui sont généralistes. Ainsi, on a eu une baisse de 15 % des ventes de journaux généralistes en 15 ans, et une augmentation de 15 % de la vente de magazines. (2) Les utilisateurs de média choisissent désormais ce qu’ils regardent et quand qu’ils le regardent. On peut s’inquiéter de cet effet « œillère » qui limite de plus en plus l’ouverture d’esprit du public ou se réjouir de cette opulence de diversité15.

La théorie de l’hyperchoix reste critiquable, notamment avec le concept de « circularité de l’information » de Pierre Bourdieu qu’il décrit dans son livre Sur la télévision. Ainsi, il indique que les médias traitent, dans un grand nombre, des mêmes sujets, aux mêmes moments, et ceux-ci influencés le plus souvent par les médias dominants (Le Monde aura plus d’impact que le Midi libre). On n’est bien sûr pas surpris de savoir que les médias ont toujours eu le pouvoir de persuader l’opinion publique depuis ces médias dominants. On voit aussi que certaines médias en particulier tendraient à distraire le public de certains problèmes, crises et changements gouvernementaux.

Les « méta-média » à l’époque du numérique

Les médias de masse sont notamment influencés, voire profondément renouvelés, par l’époque de numérisation croissante présente. Déjà en 1984 le théoricien Alan Kay définissait ainsi l’ordinateur comme le « premier méta-medium », en ce qu’il « est un medium qui peut simuler dynamiquement les détails de toute autre medium » et, en tant que tel, « il a des degrés de liberté de représentation et d’expression jamais encore atteints »16: effectivement l’ordinateur aujourd’hui, par exemple, résume dans soi-même plusieurs fonctions de médiation qu’auparavant appartenaient à différents media spécifiques : il est télévision, agenda, courrier, machine à écrire, etc. Cette capacité des media numériques à remédier par une programmation numérique toutes les médiations antérieures, en le reconfigurant, a été également soulignée par le philosophe Vilém Flusser, qui désigne celle du numérique comme une phase de superposition de toutes les précédentes que l’histoire de la culture humaine a vu passer17.

Une fois posée l’hypothèse d’une numérisation des média quasiment ubiquitaire à l’époque contemporaine18 nous pouvons énoncer quelques unes des principales caractéristiques de cette situation.

En premier lieu, et comme les Software Studies le remarquent, il y a une croissante densité et obscurité des appareils utilisés, qui se font toujours plus accessibles et simples au niveau de leurs interfaces graphiques, et pourtant toujours plus insondables dans leur fonctionnement profond19, jusqu’au paradoxe des algorithmes auto-apprenants dont l’intelligence supère celle de leurs ingénieurs20,21 ou, dans les termes de Bernard Stiegler, d’une hyper-industrialisation qui entraîne une progressive exclusion de la force de travail intellectuel humaine22. Certains auteurs ont entraîné à cet égard la notion de gouvernementalité algorithmique23,24,25.

Les méta-média du numérique opèrent aussi ce que Yves Citton propose de nommer une « premédiation »26 : dans leur complexité vouée à l’autorégulation, les médias numériques s’évadent d’une certaine façon de l’intelligence humaine et ils tendent à pre-médier, voire à anticiper ou bien à fournir des catégories préétablies de ce qu’ils nous proposent. Cela est évident dans le cas du ciblage commercial effectué par les algorithmes sur la base des données personnelles27, mais s’observe aussi dans le cas de la contestée fiabilité de l’information28, qui est souvent politiquement et économiquement conditionnée ou le résultat d’un calcul algorithmique, comme dans le cas des tableaux de bord de Facebook. Plus généralement, la question de la pré-médiation entraine notamment des dangers au niveau socio-politique, et particulièrement pour ce qui regarde les effets de lock-in29 – le phénomène pour lequel plus une plateforme compte des participants, plus les données qu’elle génère sont nombreuses et ses algorithmes sont puissants plus, du coup, elle offre des services efficaces, écrasant la concurrence en une tendance monopolistique – ou bien la ci-dite vectorialisation, à savoir la monopolisation de l’information opérée par une classe dominante à travers le contrôle des vecteurs par lesquels l’information est abstraite que McKenzie Wark revendique dans son « Hacker Manifesto »30. Cela pourrait nous emmener à l’horizon d’une croissante asymétrie du rapport au medium entre l’individu et le programme (et celui qui gère le programme), jusqu’aux perspectives catastrophiques d’une société numérique basée sur la surveillance et sur la manipulation perpétuelle où il ne reste pas beaucoup d’espace à l’intelligence et à l’individualité humaines31.

Une autre et essentielle caractéristique des méta-media numériques est l’inter connectivité32 : désormais tous les outils – et non pas seulement les Smartphones et les ordinateurs, depuis l’avènement de l’internet des objets33, sont connectés, s’envoyant constamment des données entre eux qui enregistrent les préférences, les activités, les déplacements, les compagnies, etc. dans un grand réseau virtuel mondial que certains comparent à un « cerveau collectif mondial »34.

Dans le danger d’une croissante standardisation et uniformisation des pratiques et des produits médiatiques, ou encore d’une colonisation commerciale du milieu numérique où le monopole des big data appartiendrait à un nombre très restreint de colosses capitalistes35,36,37, plusieurs auteurs soulignent l’importance de développer une conscience majeure des enjeux juridico-politiques que l’ère du numérique entraîne conjointement à un effort de réglementation, et affirment la nécessité de préserver l’hétérogénéité au sein de l’espace numérique partagé38,39. Dans ce contexte les actions du hacktivisme s’inscrivent dans une perspective de lutte et de contestation politique, et d’une particulière éthique de revendication des droits personnels que le numérique met en danger40,41,42.

La presse écrite désigne les différents moyens de diffusion de l’information à travers l’écriture. Avant la naissance de l’imprimerie par Gutenberg en 1438, les informations étaient écrites sous formes de manuscrits, ce qui permettait de transmettre les informations religieuses, historiques et pratiques à travers les calendriers et les almanachs. L’impression des ouvrages connaîtra donc un grand succès.

   En 1631, Théophraste Renaudot, médecin du roi français Louis XIII, obtient le monopole de la presse par le ministre de l’époque Richelieu et créa le premier journal français, La Gazette. A partir de là, les journaux se sont créés progressivement.

   La loi sur la liberté de la presse fut mentionnée dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (« tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ») mais elle sera vraiment appliquée qu’en juillet 1881 quand une loi garantissant l’indépendance de la presse sera promulguée. Cependant pendant la première guerre mondiale, la censure était très présente pour cacher la vérité et surtout l’horreur de la la guerre aux Français (on parle de « bourrage de crâne »). De même lors de la Seconde Guerre mondiale avec la propagande de l’occupant allemand et celle du régime de Vichy.

   Il existe plusieurs catégories de journaux (périodique, hebdomadaire, mensuel, trimestriel…) de tout genres (économique, loisir, people…). Ils peuvent être nationaux ou régionaux et ont souvent une opinion politique. En effet, il existe des journaux orientés «à gauche » (comme Libération), des journaux orientés « à droite » (comme Le Figaro) et des journaux dit « neutres » (comme Le Monde). Il y a également des exceptions comme Le Canard enchaîné qui est l’un des rares journal satirique se moquant aussi bien de la gauche que de la droite.

   Aujourd’hui, la presse écrite, malgré les nombreux journaux gratuits, connait la crise face à la concurrence des médias de masse, notamment face à la télévision et à internet.

RADIO                       

    L’invention de la radiodiffusion part de la découverte des ondes électromagnétiques ainsi que de l’invention du télégraphe. C’est en 1895, que le physicien italien Guglielmo Marconi expérimente plusieurs systèmes de transmission de signaux et met en œuvre la première transmission radio grâce au travail de ces nombreux prédécesseurs tel que celui du physicien et ingénieur Heinrich Rudolf Hertz. Au fil du temps, ses recherches lui permettent de perfectionner la radio en repoussant les distances de transmissions. En 1901, ce système permettra d’effectuer une liaison entre Terre-Neuve et l’Angleterre.

   C’est entre la Première et la Seconde Guerre mondiale que la radio se développe massivement en France. Le premier journal parlé apparaitra en 1923 sur Radiola et sera transmis depuis la Tour Eiffel. Un français sur cinq possédait une radio en 1932. La première campagne électorale radiodiffusée fut les législatives de mai-juin 1936.

   Le 18 juin 1940, elle permettra à Charles de Gaulle d’émettre son Appel historique depuis Londres, afin d’inciter les Français à résister aux Allemands. Elle sera alors un outil de communication majeur lors de la Seconde Guerre mondiale aussi bien pour les résistants que pour les nazis. Elle deviendra monopole d’Etat après cette guerre jusqu’en 1981 suite aux lois de 1981-1982.

   A l’heure actuelle, de nombreuses radios existent en France et sont consacrées principalement à la musique (comme NRJ ou Nostalgie) puis à l’information (comme Europe1 ou France Info). La radio fait face à d’autres médias, principalement à la télévision et à internet (avec les nombreux sites « radio en ligne »).

TELEVISION                                                                  

    Comme pour la radio, la télévision n’a pas d’inventeur unique. En 1926, un ingénieur écossais, John Logie Baird, avec l’aide de son équipe, sera le premier au monde à émettre une image télévisée d’objets en mouvement à Londres.

   La première chaîne de télévision française, Radio-PTT Vision, sera créée en 1931 suite à d’une démonstration publique convaincante sur la télévision mécanique à 30 lignes. Dès décembre 1931, des émissions expérimentales sont lancées afin de rattraper le retard par rapport aux autres pays. En 1939, Radio-PTT Vision laisse place à Radiodiffusion Nationale diffusant quelques heures de programmes essentiellement en région parisienne. Cependant, le 6 juin 1941, les techniciens sabotent l’émetteur situé au sommet de la Tour Eiffel de manière à le rendre inutilisable par les Allemands (mais pas de quoi inquièter les téléspectateurs car seulement 300 postes existent sur l’ensemble du territoire à ce moment…). L’occupant allemand créa Fernsehsender Paris, outil de propagande, à partir de 1942 et, lors de la Libération, laissera aux Français une station opérationnelle très performante. Le premier journal télévisé sera diffusé en juin 1949 sur RTF (Radiodiffusion-télévision française). A partir des années 50, le nombre de téléviseurs augmente en France. Une deuxième chaîne sera créée en 1964 suivie par bien d’autres (nationales et même régionales).

    En octobre 1967, la couleur remplace définitivement les images en noir et blanc grâce au procédé SECAM (Séquentiel Couleur A Mémoire) mis en œuvre par l’inventeur français Henri De France. François Mitterrand met fin au monopole d’Etat avec les lois de 1981-1982.

   Aujourd’hui, la télévision à bien changé et propose aux téléspectateurs une multitude de programmes. La France compte plus d’une centaine de chaînes dont 18 gratuites depuis 2010-2011 suite à l’opération « tous au numérique ! » et à la TNT. Elle compte deux chaines d’informations gratuites en continu : BFMTV et I-télé. Dans 2 ans, les Français en auront 24 en raison de la création de six nouvelles chaînes gratuites en haute définition qui s’effectuent progressivement sur le territoire depuis décembre 2012. De nos jours, la télévision est concurrencée principalement par internet. De nombreuses chaînes de télévision proposent même leurs programmes en replay sur leur site web.

INTERNET  

    En 1969, c’est l’ARPA (aujourd’hui appelé DARPA: Defense Advanced Research Projects Agency ) qui annonce la création d’un réseau nommé Arpanet permettant de partager des données par paquet. Il a été commandé par le Pentagone pour l’armée afin de résister à une éventuelle frappe nucléaire soviétique durant la Guerre froide. La première démonstration officielle de se projet date de 1972. En 1971, Ray Tomlinson invente le courrier électronique, amélioré par Lawrence G. Roberts un an plus tard, et qui deviendra un nouveau moyen de communication. Le concept d’internet est donc né d’Arpanet : il s’agit de permettre la connexion entre plusieurs réseaux depuis un ordinateur.

   Internet apparaît aux yeux du grand public à partir de 1989 avec la naissance du World Wide Web (en français : toile d’araignée mondiale) appelé le plus souvent Web et celle de Mosaic, le premier navigateur, créé en 1993 par Marc Andreessen, un étudiant américain . En France, on comptait 75 000 internautes seulement en 1994 mais, internet a connu un véritable essor à partir des années 2000. Son histoire a aussi été marquée par la création du portail web Yahoo en 1995 et Google en 1998.

   De nos jours, internet est le plus vaste réseau de communication et d’information du monde avec plus de 2 milliards d’internautes dans le monde dont plus de 40 millions de Français ! Une multitude de sites, de blogs, de réseaux sociaux, de vidéos, d’images s’y trouvent… On y trouve de tout et on communique avec le monde entier. Internet est désormais disponible sur de nombreux appareils comme sur le téléphone portable ou plus récemment, sur le téléviseur.

Les types de médias :

  1. Les médias de masse
  2. Les médias ouverts au grand public
  3. Les médias étant toujours utilisés

Pour faire court mais bien.

  • Les plus anciens : La presse et les imprimés (panneaux , livrets et encarts publicitaires) . Ce sont les supports de communication les plus anciens et ils sont aujourd’hui encore fortement utilisés. En cours de communication, il se dit souvent que les premières communications de ce type datent… du Paléolithique. Les peintures telles que celles de la grotte de Lascaux

·  sont les premières traces de communication humaine. Par ce biais, les premiers hommes transmettaient le savoir de la chasse.

·  Issues des premières technologies analogiques : La radio et la télévision. Bien que l’utilisation de la télévision soit en net recu le depuis quelques années, elle reste un des médias de choix pour les plus grands annonceurs (lorsqu’il s’agit de chaînes avec un audimat conséquent). La radio est quant à elle un média avec une portée généralement plus restreinte et c’est là tout son intérêt. Elle est généralement bien plus accessible financièrement qu’une communication diffusée sur une chaîne de télévision.

·  Issues des nouvelles technologies numériques : Les emails (mailing de masse), les réseaux sociaux, les sites internet (blog, forum, site vitrine, annuaires, etc), les applications, les logiciels et j’en passe… Ce sont les médias d’aujourd’hui et ceux sur lesquels il est généralement plus intéressant de communiquer. Une grande partie de la population mondiale (si ce n’est toute) utilise au moins l’un d’eux quotidiennement et les algorithmes respectifs de ces solutions permettent d’adresser des communications à des cibles très fines et pertinentes. Par exemple sur Facebook, si vous chercher à pousser une communication à des fans de chiots, il vous suffira de cibler « les personnes aimant les animaux ». Celle-ci ne se montrera alors qu’à des personnes potentiellement intéressées. Avec un panneau publicitaire dans la rue, il est plus compliqué de savoir qui verra la communication et surtout de quantifier vos résultats. Certains quartiers tels que les quartiers d’affaires conviennent parfaitement à des communications pour les entreprises et les rues proches de facultés à des communications pour des étudiants.

La libre circulation des opinions et des informations est à la fois l’enjeu et la condition de toute vie démocratique. Comment les médias exercent-ils cette fonction ? Doit-on redouter les manipulations de l’information ?

I. Le combat pour la liberté d’expression

• La liberté d’expression fait partie des droits fondamentaux de la personne humaine. Elle a été revendiquée par les journalistes dès le xviie siècle, avant tout pour des raisons économiques. En effet, la presse écrite, et les médias en général, ont besoin pour vivre de toucher un public le plus vaste possible et de le fidéliser en lui offrant ce qu’il désire ; ils ne peuvent donc s’accommoder d’une censure quelle qu’elle soit.

• En France, la liberté de la presse est définitivement reconnue par la loi du 29 juillet 1881, toujours en vigueur aujourd’hui. À partir de cette date, la presse écrite ne joue plus seulement le rôle de contre-pouvoir, elle devient un « quatrième pouvoir », prenant en charge l’information des citoyens et l’exercice du débat démocratique.

• De véritables « empires » s’édifient dans le secteur de la presse écrite, bientôt relayés et concurrencés par les grandes chaînes de radio et de télévision (principe de la liberté de communication audiovisuelle reconnu par la loi du 29 juillet 1982). Les progrès techniques permettent une transmission des informations de plus en plus rapide et complète. De nouvelles formes de journalisme apparaissent, fondées sur l’objectivité et le respect scrupuleux de l’information.

II. Les manipulations de l’information

• Depuis le xixe siècle, les journaux, comme les chaînes de radio et de télévision, sont devenus de véritables entreprises économiques. Les médias sont soumis aux lois du marché et recourent de plus en plus à la publicité pour se financer. Cette recherche de l’autonomie financière est la condition de leur liberté ; mais elle peut aussi se transformer en course au profit et entraîner bien des abus.

• Pour attirer un plus large public, certains médias n’hésitent pas à publier les informations ou les images les plus spectaculaires. Ils se lancent dans la chasse aux scoops, allant, dans certains cas, jusqu’à les forger de toutes pièces. Ils recherchent enfin les informations à caractère privé et confidentiel concernant telle ou telle célébrité et tombent parfois sous le coup de la loi pour atteinte à la vie privée ou diffamation.

• L’irruption d’Internet dans la diffusion de l’information a bouleversé le paysage médiatique. En accélérant la vitesse de circulation de l’information, Internet provoque des « courts-circuits journalistiques » dès que survient un événement particulièrement médiatisé. Pour ne pas paraître dépassés dans cette compétition, les grands médias sont tentés de publier tout ce qui leur « tombe sous la main », sans toujours prendre le temps de vérifier l’information. La chaîne éditoriale est alors rompue au profit des manipulateurs et des « chasseurs de scoop ».

III. Le droit à l’information et la démocratie

• Les abus de quelques journalistes ne doivent cependant pas faire perdre de vue le travail d’information et d’entretien du lien social assuré par l’ensemble des médias. Les journalistes disposent de codes déontologiques et, pour la plupart, ils s’y tiennent. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), créé en 1989, veille au respect de ces règles par les chaînes de radios et de télévision. En effectuant un tri dans la masse des informations proposées et en orientant le débat public, la presse écrite et électronique demeure le premier auxiliaire de la démocratie.

• En France, comme dans les autres pays développés, ce ne sont pas la censure ou la répression qui menacent le droit à l’information. En fait, la presse perd peu à peu de son indépendance financière au profit de grands groupes de communication. Ces liens avec le monde des affaires, associés à la fascination qu’éprouvent parfois les journalistes pour les milieux politiques, font redouter à certains observateurs une manipulation de l’information plus dangereuse car plus difficile à déceler. La presse peut-elle continuer à jouer son rôle si elle n’est plus réellement indépendante ?

Boris NAULLEAU

Boris NAULLEAU

Il est un ancien journaliste de presse nationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités locales. Boris NAULLEAU est un expert des questions relatives aux collectivités.