L’Arbre aux hérons devrait sortir de terre en 2027

L’Arbre aux hérons devrait sortir de terre en 2027

L’Arbre aux hérons va bel et bien prendre racine à Nantes. Alors que le flou régnait depuis quelque temps autour de l’avancée du projet culturel, la métropole et la compagnie La Machine ont dévoilé ce vendredi la « version aboutie » de cette structure monumentale, après trois années d’études techniques. L’aspect de l’arbre, qui mesurera 35 mètres de haut et abritera végétation et bestiaire mécanique comme prévu, n’a pas tellement évolué même si le nombre de branches a été revu à la baisse (17 au lieu de 22). C’est surtout au niveau du calendrier et du budget que cet ambitieux projet, qui doit prendre place au sein du Jardin extraordinaire, a radicalement changé.

Initialement espéré en 2021 puis en 2023, l’Arbre aux Hérons, qui suscite de vifs débats au sein même de la majorité, n’ouvrira finalement pas avant 2027 ! « Nous avons fait un choix de méthode, celui de ne pas nous précipiter, estime Johanna Rolland la présidente (PS) de Nantes métropole, qui va devoir convaincre les élus de voter l’acquisition de l’œuvre lors d’un conseil métropolitain prévu à la fin de l’année. Je crois que la période actuelle n’est pas le moment de se replier. Il faut au contraire rayonner et faire rêver. »

Un bestiaire mécanique

La composition même de l’arbre a évolué. Œuvre seulement végétale au départ, l’Arbre aux hérons est devenu aussi l’hôte d’un bestiaire mécanique. Les premiers locataires sont déjà exposés dans la Galerie des machines : un paresseux, des colibris, une fourmi, un caméléon… Quinze espèces animales et une trentaine d’animaux seront répartis le long des accès. Certains animaux seront autonomes, d’autres seront mis en vie par le public.

« Ce bestiaire mécanique niché dans l’arbre va évoluer, indique François Delarozière. Tous les deux ans, de nouveaux habitants seront ajoutés. Ils seront fabriqués dans l’atelier de la Machine, puis testés dans la galerie puis rejoindront l’arbre. » ​L’Arbre aux hérons a nécessité des études de conception, mais aussi de construction. « Cet arbre ne se construit pas comme un immeuble, souligne François Delarozière​. Les branches du dessus empêchent d’accéder à celles du dessous. »

Six millions d’euros ont déjà été versés

L’Arbre aux hérons sera financé à un tiers par Nantes métropole, un tiers par des partenaires publics (Etat, Région, Département…) et un tiers par des partenaires privés. Sur les 17,5 millions d’euros de Nantes métropole, 6 millions ont déjà été versés. « Il reste 11,5 millions d’euros, ce qui représente 0,45% du montant total des investissements de la Métropole », détaille Fabrice Roussel, 1er vice-président de Nantes métropole.

Mais ce surcoût fait réagir Mahel Coppey, co-présidente du groupe écologiste et citoyen de Nantes métropole. « Plus de 50 millions d’argent public, sans compter les millions dédiés à l’aménagement de l’arbre métallique. Mais combien de millions par an seront dédiés au fonctionnement? Combien vont coûter au contribuable les routes, parkings et transports publics pour atteindre l’arbre en métal? », interroge l’élue écologiste dans un communiqué.

Pour aller plus loin : Nantes

Près de 20 millions d’euros supplémentaires

Autre point de crispation, le budget s’est, comme redouté, envolé. En raison de « l’inflation » et d’un projet « particulièrement complexe », il est aujourd’hui chiffré à 52,4 millions d’euros HT, contre une enveloppe estimée au départ à 35 millions… Le principe du cofinancement à parts égales entre Nantes métropole, les partenaires publics et les partenaires privés a été conservé, ce qui signifie que chaque partie devra réunir 17,5 millions d’euros.

« Nous considérons qu’il s’agit d’un investissement raisonnable », estime Fabrice Roussel, vice-président à Nantes métropole. La collectivité métropolitaine avait déjà financé 6 millions d’euros. Pour le deuxième poste (celui des partenaires publics), un peu plus de 10 millions d’euros ont déjà été trouvés grâce à la participation de la région, du département et l’Etat. Du côté des financeurs privés, enfin, on annonce pouvoir déjà compter sur la somme de 6 millions d’euros, via un fonds de dotation rejoint par une quarantaine d’entreprises du territoire.

La question du projet politique

Mahel Coppey regrette un manque de transparence dans ce projet. « Et la question centrale continue d’être ignorée : l’arbre aux hérons incarne t-il notre projet politique écologique et social pour la Métropole? » Tandis que la présidente de Nantes métropole, Johanna Rolland, évoque « un projet qui a une capacité à porter l’audace nantaise » et qui « transforme un quartier historique de Nantes ».

« La période actuelle nous pousse encore plus à faire ces choix, ajoute Johanna Rolland. Ce n’est pas le moment de se replier, c’est le moment de continuer à inventer, à rayonner, à faire rêver. » Mais « l’Arbre aux hérons fait-il vraiment rêver les habitants? », questionne Mahel Coppey, qui souhaite une consultation avec les habitants à la rentrée. L’élue rappelle que lors du dernier conseil métropolitain, en juin, « plus d’un tiers des élu·e·s n’ont pas soutenu la délibération sur le sujet »

Réactions de l’opposition et des écologistes de la majorité

« Quelle déception… « . C’est par ces mots que débute la réaction de Mahel Coppey, co-présidente du groupe écologiste et citoyen aus sein de la majorité de Nantes métropole. Pour elle, la présentation de ce début juillet ne répond pas aux mutliples questions posées par les écologistes. Ils dénoncent le surcoût « sans aucune explication tangible ». Interrogation centrale de ce groupe : « l’Arbre aux Hérons incarne-t-il notre projet politique écologique et social pour la Métropole? ».

Pour Laurence Garnier et le groupe d’opposition municipale, « l’Arbre aux Hérons devient l’Arbre aux Millions ». Il est demandé à la présidente de Nantes métropole de « remettre les pieds sur terre ». Laurence Garnier évoque la pauvreté, l’insécurité et la saturation des transports pour justifier « l’attribution de ces millions à ces priorités ».

Pour aller plus loin : Nantes

Plus de 4.000 visiteurs par jour attendus

Si tout se déroule comme prévu, les visiteurs découvriront donc dans six ans cette « œuvre unique » au sommet de laquelle deux grands hérons voleront à 45 mètres de haut. Pour atteindre la cime, il faudra déambuler entre ses branches, escaliers, et jardins suspendus à la découverte de 28 animaux mécaniques (paresseux, caméléon…) dont certains sont aujourd’hui déjà visibles dans la Galerie des machines.

Plus de 4.000 visiteurs par jour sont attendus dans cette structure, dont de grandes lianes tomberont des branches en guise d’étais. Les porteurs du projet espèrent que l’Arbre au Hérons deviendra l’un des nouveaux symboles de Nantes, « vitrine du savoir-faire » et source de « visibilité pour le territoire ». Trente millions d’euros par an de retombées économiques sont attendus grâce à ce site, dont la construction associera 90 % d’entreprises régionales, selon les porteurs du projet.

Guy ERWAN

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.