Le déficit commercial de la France : 34,8 milliards d’euros

Le déficit commercial de la France : 34,8 milliards d’euros

Le déficit commercial de la France au premier semestre 2021 s’est creusé à 34,8 milliards d’euros, contre 32,6 milliards d’euros au semestre précédent, malgré des exportations dynamiques, ont rapporté les Douanes vendredi 6 août. Les exportations de biens se sont élevées à 240,2 milliards d’euros et les importations, à 275 milliards.

« Même si la crise de la Covid continue de frapper durement nos principaux moteurs à l’export, notamment aéronautique et tourisme, nos exportations ont continué à se redresser pour se rapprocher progressivement de leur niveau historique de 2019, et de nombreux secteurs clés dépassent désormais leur niveau d’avant-crise », a réagi dans un communiqué le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester.

95 % du niveau d’avant-crise

En revanche, la France a acheté beaucoup moins de masques à l’étranger. L’addition qui s’était envolée vers des sommets inédits en 2020 (5,9 milliards d’euros sur l’année) a ainsi été ramenée à 500 millions au premier semestre. Surtout, sur le front des exportations, l’horizon s’éclaircit un peu. En juin dernier, les ventes de la France à l’étranger sont en effet remontées, selon les douanes, à 95 % de leur niveau moyen d’avant-crise .

Si l’aéronautique – qui représente bon an, mal an, 12 % des exportations tricolores – exporte toujours moitié moins qu’avant la pandémie, la situation s’améliore toutefois.

Et de nombreux secteurs ont retrouvé le chemin de la croissance hors des frontières et vendent davantage que sur les six premiers mois de 2019. Ainsi en va-t-il de l’agroalimentaire (+5,1 % par rapport au premier semestre 2019), de la chimie (+4,4 %), de la pharmacie (+6,6 %) ou du matériel militaire (+34,3 %).

Déficit commercial 2020

Le déficit commercial s’était élevé à 32,6 milliards d’euros au semestre précédent et à 32,4 milliards du premier semestre 2020, rappellent les Douanes.

«Même si la crise de la Covid continue de frapper durement nos principaux moteurs à l’export, notamment aéronautique et tourisme, nos exportations ont continué à se redresser pour se rapprocher progressivement de leur niveau historique de 2019, et de nombreux secteurs clés dépassent désormais leur niveau d’avant-crise», a réagi dans un communiqué le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester.

Lors d’un entretien avec quelques journalistes, il a précisé que les chiffres pour le mois étaient «plutôt bons», même si les exportations dans l’aéronautique n’atteignaient encore que 60% de leur niveau d’avant-crise. De son côté, la Banque de France a rapporté une amélioration de la balance des paiements au deuxième trimestre, avec un déficit du solde des transactions courantes, qui comprend les services, limité à 5,4 milliards d’euros sur cette période, soit 1,1 de moins qu’au trimestre précédent.

Efforts de compétitivité

L’apaisement des tensions commerciales internationales, notamment avec les Etats-Unis, qui menaçaient de taxer les vins et spiritueux, a pu également bénéficier aux exports. « Il y a des raisons pour être prudemment optimiste, confirme Marcos Carias, économiste chez Coface. L’examen des données des douanes indique une assez bonne résilience du secteur manufacturier, malgré les difficultés d’approvisionnement en matières premières ». L’expert mise également sur une reprise du secteur aéronautique.

« Le transport aérien commence à relever la tête au niveau mondial, souligne-t-il, dans un contexte où le tourisme repart. Difficile de dire combien de temps cela va prendre, mais il semble que les perspectives soient positives de ce côté-là. » Airbus a d’ailleurs annoncé début juillet avoir relevé ses objectifs de ventes pour l’année.

Si les échanges de biens restent lourdement déficitaires, les échanges de services, eux, affichent un solde excédentaire de 12,1 milliards d’euros au premier semestre 2021, contre 6 milliards il y a un an, selon les données de la Banque de France. L’atonie du tourisme, qui se situe à un peu plus de 40 % de son niveau précrise, est largement compensée par les autres services, notamment les transports.

A plus long terme, l’exécutif espère que les efforts consentis pour améliorer la compétitivité des produits français vont porter leurs fruits. La baisse de l’impôt sur les sociétés, qui devrait tomber à 25 % en 2022, pourrait être favorable aux industriels français, tout comme la baisse des impôts de production de 10 milliards d’euros inscrite dans le plan de relance – qui contient d’ailleurs un volet d’aides à l’export doté de 247 millions d’euros. La relocalisation de certaines productions ou l’investissement dans les secteurs d’avenir (batteries électriques, hydrogène, etc.) font également partie de la stratégie affichée pour rééquilibrer les échanges extérieurs du pays.

Des records à relativiser en raison de l’état de paralysie précédent

Pour autant, cette avalanche de records et cet énorme bond participent du trompe-l’œil puisque en mars et avril 2020 l’activité économique aux États-Unis et dans le monde était paralysée en raison de la propagation de la pandémie de Covid-19.

Frontières fermées, usines à l’arrêt, chômage galopant, la demande de biens en provenance des partenaires commerciaux des États-Unis s’était alors effondrée.

Le déficit avec la Chine et le Mexique recule, mais flambe avec le Canada… et l’UE

Toujours pour les six premiers mois de l’année 2021, les exportations ont augmenté de 150,9 milliards, soit 14,3%, bien moins vite que les importations (+286,7 milliards de dollars ou 21,3%), ce qui a eu pour effet de creuser grandement le déficit.

Par zone géographique et pour le seul mois de juin, le déficit avec la Chine est en légère baisse, et il recule de 6,1% avec le Mexique. Mais il grimpe de 15,2% avec le Canada et de 5,8% avec les pays de l’Union européenne.

Boris NAULLEAU

Boris NAULLEAU

Il est un ancien journaliste de presse nationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités locales. Boris NAULLEAU est un expert des questions relatives aux collectivités.
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