Le téléscope James-Webb va dans l’espace

Le téléscope James-Webb va dans l’espace

Après avoir terminé ses derniers tests, le télescope spatial James Webb est en cours de préparation pour le transport vers son site de lancement à Kourou, en Guyane française. Le lancement est prévu pour le 31 octobre de cette année.

Nasa déclaré qu’étant donné qu’il n’y a plus de tests à grande échelle à effectuer, les techniciens de salle blanche de Webb s’efforceront de s’assurer qu’il atteint sa rampe de lancement en toute sécurité. Il s’agit d’un changement radical par rapport à leur objectif précédent : démontrer que Webb peut survivre aux conditions difficiles de lancement et de travail en orbite.

L’observatoire spatial traversera le canal de Panama jusqu’à la Guyane française, située sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud. Il aura ensuite une «répétition générale» avant de se déployer sur la rampe de lancement deux jours avant le lancement. Le télescope sera lancé dans l’espace à bord de l’Ariana 5, l’un des lanceurs les plus fiables actuellement disponibles.

Le télescope est une collaboration entre la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

L’ESA déclare que Webb est une mission « phare » qui est un projet générationnel. Il a été construit sur l’héritage et les leçons que les scientifiques ont apprises de ses prédécesseurs comme Hubble.

Alors que le télescope Webb est transporté, le centre d’opérations de mission (MOC) de la machine au Space Telescope Science Institute (STScI) continuera de tester son réseau de communication complexe. Le télescope subira d’autres tests de pré-lancement.

Après un trajet de 26 minutes à bord du lanceur, le vaisseau spatial Webb s’en détachera et déploiera automatiquement son panneau solaire. Webb bénéficiera d’une période de mise en service de « six mois bien remplis ». Selon Espace.com, mesurant 13,2 mètres de long et 4,2 mètres de large, le télescope a à peu près la taille d’un gros camion semi-remorque. Il est équipé de pare-soleil complexes qui pourraient couvrir un court de tennis une fois déplié. Il déploiera ses pare-soleil quelques jours après son lancement, les instruments et le télescope commençant à se refroidir. L’engin mettra environ un mois pour atteindre sa destination.

Dernière campagne de tests terminée

Il y a quelques jours, les équipes d’ingénieurs ont clôturé le programme de “tests de longue durée” dans les installations de Northrop Grumman pour s’assurer que le télescope le plus complexe au monde pourra subir sans problème la phase de lancement et qu’il fonctionnera comme prévu une fois libéré dans l’espace. Ces opérations terminées, l’observatoire se prépare désormais pour son voyage vers la Guyane au cours duquel il traversera le canal de Panama. Ces préparatifs d’expédition seront terminés en septembre.

En attendant, les équipes du Mission Operations Center (MOC) au Space Telescope Science Institute (Baltimore, États-Unis) continuent de vérifier le réseau de communication complexe que le James Webb Telescope utilisera pour transmettre ses données vers la Terre. Les responsables de mission s’appuieront également sur ce réseau pour envoyer leurs commandes aux instruments.

Une fois le James Webb Telescope arrivé en Guyane française, les équipes devront s’assurer que l’observatoire n’a pas été endommagé pendant l’expédition. Si tout se passe bien, ils chargeront ensuite les réservoirs de propergol avec du carburant à base d’hydrazine et un oxydant au tétroxyde d’azote dont l’observatoire aura besoin pour alimenter ses propulseurs dans le but de se maintenir sur son orbite.

Pour aller plus loin : Astronomie

De 55 jours avant le lancement à 30 minutes après

Une fois le télescope acheminé jusqu’au centre spatial, plusieurs étapes attendent le futur observateur du ciel. Il faudra préparer le télescope au vol, ainsi que la fusée. Voici, d’après une infographie réalisée par l’ESA, comment va se dérouler le lancement du télescope spatial James-Webb. Il sera réalisé à l’aide d’un lanceur Ariane 5. La campagne de lancement doit durer 70 jours.

  • -55 jours  : le télescope arrive au port de Pariacabo, qui dessert la base de Kourou.
  • -29 jours  : le premier étage est installé sur la table de lancement.
  • -7 jours : le télescope est installé sur Ariane 5.
  • -6 jours : le télescope est enfermé dans la coiffe.
  • -1 jour : la fusée est mise en place sur la base de lancement.
  • Jour J : la fusée est lancée dans l’espace, depuis le Centre spatial guyanais, le télescope James-Webb à son bord.
  • +2 minutes : les propulseurs se séparent du reste de la fusée.
  • +3 minutes : c’est la coiffe qui se sépare.
  • +9 minutes : l’étage principal se sépare.
  • +27 minutes : le vaisseau se sépare à son tour.
  • +30 minutes : l’ESA surveille le télescope James-Webb pendant sa phase initiale de mise en orbite.

Si tout se passe comme prévu, le James-Webb deviendra le plus grand et le plus puissant télescope jamais envoyé dans l’espace. Il pèse 6 tonnes. En position repliée (qui sera celle du lancement), il mesure déjà plus de 10,5 mètres de hauteur et 4,5 mètres de largeur. Pour satisfaire aux exigences de propreté, il est prévu qu’une tente de 12,5 mètres de hauteur et 12 mètres de largeur accueille le télescope dans la salle blanche.

Environ six mois de mise en service

Ensuite, les équipes d’ingénierie accoupleront l’observatoire à son lanceur, une fusée Ariane 5 fournie par l’ESA (Agence spatiale européenne). Le lancement est toujours officiellement prévu pour le 31 octobre, mais il y a de fortes chances qu’il soit repoussé à la mi-novembre.

Environ 26 minutes après le décollage, l’observatoire se séparera de la fusée et son panneau solaire se déploiera automatiquement. Il devrait ensuite rejoindre son orbite environ un mois plus tard. Pendant ce temps, tous les instruments de l’observatoire, à commencer par son énorme pare-soleil, seront déployés un à un depuis le centre de contrôle.

Notez que le télescope ne sera pas en orbite autour de la Terre, comme peut l’être Hubble, mais autour du Soleil, à 1,5 million de kilomètres de la Terre sur le deuxième point de Lagrange (L2). La particularité de cette orbite est qu’elle permettra au télescope de rester aligné avec notre planète, tout en permettant au pare-soleil de le protéger de la lumière et de la chaleur de notre étoile, ainsi que du système Terre-Lune. Pour sonder l’univers primitif, le James Webb Telescope aura en effet besoin d’être au frais !

Une fois que l’observatoire se sera refroidi et stabilisé à sa température de fonctionnement optimale (moins de 45°C au-dessus du zéro absolu), il subira une période de mise en service qui pourrait durer jusqu’à six mois au cours desquels tous ses instruments et optiques seront étalonnés. Les opérations scientifiques devraient ensuite pouvoir commencer avec un seul objectif : révolutionner notre approche de l’univers.

Et ensuite ?

Après son arrivée dans l’espace, le télescope va connaître une longue période de mise en service, qui devrait durer 6 mois. Ensuite, les activités scientifiques pourront commencer.

Quand le James-Webb sera séparé de la fusée, le déploiement de son panneau solaire aura lieu automatiquement. Il faudra un mois à l’observatoire pour atteindre son emplacement prévu, à un million de kilomètres de notre planète — à cette distance, impossible d’espérer le réparer comme cela a pu être réalisé avec Hubble autrefois. Le télescope spatial James-Webb doit atteindre une zone précise, le point de Lagrange L2, ce qui le protégera des rayons solaires (et favorisera l’observation dans le domaine infrarouge). Ce n’est qu’une fois dans cette ombre que le télescope pourra se refroidir, puis que les miroirs pourront être dépliés et les instruments progressivement allumés.

Lea LAMBERT

Lea LAMBERT

Elle est photographe professionnelle. Elle souhaite partager son amour de la photo à travers différentes illustrations de nos articles. Léa adore la région nantaise et ses paysages. Son expertise est un atout pour notre équipe.
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