Myanmar : Aung San Suu Kyi accusée de fraude électorale et d' »actions illégales ».

Myanmar : Aung San Suu Kyi accusée de fraude électorale et d' »actions illégales ».

La junte militaire ajoute à la série d’actions en justice contre la dirigeante destituée, selon les médias d’État.

La junte militaire du Myanmar a accusé Aung San Suu Kyi de « fraude électorale et d’actions illégales », selon les médias d’État, ce qui vient s’ajouter à la série d’actions en justice engagées contre la dirigeante destituée.

Les médias contrôlés par l’armée ont rapporté mardi que la Commission électorale de l’Union avait poursuivi 16 personnes, dont Aung San Suu Kyi et le président U Win Myint, dans le cadre de fraudes présumées lors des élections générales de 2020. Le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a remporté le scrutin haut la main – un résultat que les militaires ont refusé d’accepter.

Les militaires, qui ont pris le pouvoir le 1er février, ont tenté de justifier leur coup d’État en affirmant, sans preuve, que les élections avaient été largement truquées. Cette allégation a été rejetée par le Réseau asiatique pour des élections libres, un organisme de surveillance indépendant, qui a déclaré que les résultats étaient « largement représentatifs de la volonté du peuple du Myanmar ». Le public s’est également fortement opposé à la prise de pouvoir par les militaires.

Le Global New Light of Myanmar, contrôlé par les militaires, a déclaré qu’Aung San Suu Kyi et d’autres personnes avaient été « impliquées dans des processus électoraux, des fraudes électorales et des actions illégales lors des élections générales de 2020, qui se sont déroulées dans un contexte de démocratie multipartite ». Le journal a cité diverses allégations, notamment « la violation des lois existantes dans l’attribution des sous-commissions électorales », la menace de fonctionnaires électoraux et l’ajout erroné de noms sur les listes électorales.

L’ancien président de la commission électorale, U Hla Thein, figure également parmi les personnes inculpées.
La junte militaire a annulé les résultats des élections au début de l’année et a nommé une nouvelle commission électorale. Elle avait initialement promis d’organiser un nouveau scrutin dans un délai d’un an, mais a depuis reporté cette promesse, affirmant que des « élections multipartites » auraient lieu et que l’état d’urgence serait levé d’ici août 2023.

Ces nouvelles allégations viennent s’ajouter à une série d’affaires judiciaires auxquelles est confrontée Aung San Suu Kyi, qui est en détention depuis février. Elle est accusée d’avoir enfreint la loi sur les secrets officiels, de corruption et de violation d’une loi sur les catastrophes naturelles en enfreignant les restrictions relatives au coronavirus à l’approche des élections de l’année dernière. Elle est également accusée d’avoir enfreint une loi sur les communications et une loi sur les importations en possédant illégalement des talkies-walkies.

Aucun média ni observateur n’a accès aux procès en cours, et l’équipe juridique d’Aung San Suu Kyi a été bâillonnée par la junte.

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.
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