Pénurie d’essence au royaume-Uni, appel à l’armée

Pénurie d’essence au royaume-Uni, appel à l’armée

Le Royaume-Uni a demandé à son armée d’être prête à venir en aide dans la crise des carburants en cours dans le pays. « Un nombre limité de chauffeurs de camions-citernes militaires doivent être prêts à intervenir et déployés si nécessaires pour stabiliser l’approvisionnement en carburant », a déclaré lundi 27 septembre le ministère de l’Energie dans un communiqué (lien en anglais).

Selon la PRA, l’une des associations de distributeurs de carburants, jusqu’aux deux-tiers de ses membres (5 500 sites indépendants sur un total de 8 000 stations dans le pays), étaient à court de carburant dimanche, « les autres presque à sec ». Mais l’association dit s’attendre à « un possible relâchement de la demande et une normalisation des stocks dans les jours à venir ».

Partout à travers le pays, les panneaux « plus d’essence » ou « hors service » se multiplient près des pompes à essence, sous l’effet d’achats de panique d’automobilistes inquiets.

Une persistante pénurie d’essence

Les pénuries d’essence au Royaume-Uni se sont encore aggravées, lundi, toujours sous l’effet d’achats de panique d’automobilistes inquiets. Dans le pays, les panneaux « plus d’essence » ou « hors service » se multiplient dans les stations-service. Environ 30 % des stations du groupe BP sont touchées.

Certains médias britanniques ont publié des vidéos de conducteurs à cran en venant aux mains près des pompes, par peur de tomber en panne d’essence ou de ne pas pouvoir se rendre au travail. Les organisations médicales alertent sur les difficultés des soignants à se déplacer pour aller voir leurs patients. Et certaines écoles envisagent de revenir à l’enseignement à distance si le problème persiste.

Selon la PRA, l’une des associations de distributeurs de carburant, jusqu’aux deux tiers de ses membres (5 500 sites indépendants sur un total de 8 000 stations dans le pays) étaient à sec dimanche, les autres en passe de le devenir. Mais l’association dit s’attendre à « un possible relâchement de la demande et à une normalisation des stocks dans les jours à venir ».

Lundi, les représentants du secteur ont de nouveau voulu rassurer en affirmant qu’il y a « plein de carburant dans les raffineries britanniques ».

La situation rappelle les rationnements d’essence pendant la crise énergétique des années 1970, ou le blocage des raffineries qui a paralysé l’activité du pays pendant des semaines au début des années 2000.

Des camions de l’armée pourraient être mobilisés

Et sous l’effet d’achats de panique, la pénurie s’est encore aggravée ces dernières heures. Pour éviter d’en arriver là, le gouvernement a demandé à l’armée de se tenir prête à intervenir.

Des chauffeurs de camion-citernes militaires pourraient être mobilisés pour acheminer le carburant à travers le Royaume-Uni.

L’Angleterre post-Brexit en panne de travailleurs étrangers

La panique aurait-elle gagné l’Angleterre ? Depuis quatre jours, le pays affronte une pénurie d’essence plus importante que prévu. « Désolé », pouvait-on lire dimanche, à l’entrée de centaines de distributeurs hors d’usage. Lundi, le groupe BP a affirmé avoir fermé un tiers de ses stations essence sur le territoire. Pendant le week-end, des files d’attente s’étaient formées dans plusieurs villes du pays, au risque d’aggraver la situation. Un contexte qui a forcé le gouvernement à réagir, dimanche soir, en appelant les citoyens britanniques à se « comporter normalement » et à ne pas céder à « l’inquiétude » face à ces ruptures d’approvisionnement.

Pénurie de chauffeurs routiers

La crise a démarré en milieu de semaine dernière après qu’un rapport confidentiel de BP au gouvernement a fuité, décrivant quelques dizaines de stations-service qui fermaient par manque de carburant. Cela a rapidement suscité des achats de panique à travers le pays. La majorité des stations-service sont désormais concernées.

Les pénuries d’essence ou de diesel sont initialement dues au manque de chauffeurs de camions pour acheminer les carburants des terminaux de stockage vers les pompes. La situation affecte aussi les rayons des supermarchés, les restaurants, les pubs, les marchands de vélos, entre autres, qui déplorent des retards de livraison et des stocks épuisés de certains produits.

Le manque de chauffeurs routiers se fait sentir depuis plusieurs mois au Royaume-Uni. En cause, à la fois la pandémie et le Brexit. Le Parti travailliste a accusé le gouvernement conservateur de Boris Johnson de s’être « endormi au volant », signifiant qu’il n’a pas du tout anticipé la crise.

Les confinements ont incité certains chauffeurs routiers européens à rentrer dans leur pays, et des dizaines de milliers d’autres n’ont pas pu passer leur permis poids lourds à cause de la fermeture des centres d’examen au plus fort de la pandémie. Le Brexit complique, par ailleurs, les procédures migratoires, empêchant les travailleurs européens de circuler.

Le gouvernement nie toutefois l’impact du Brexit dans la crise actuelle, affirmant que les pays européens aussi font face à des pénuries de chauffeurs. Selon un rapport publié le mois dernier par la fédération britannique du transport routier, le Brexit est pourtant bien l’une des causes principales de la pénurie de chauffeurs.

En quête de solutions, Londres s’est résolu, samedi, à amender sa politique d’immigration post-Brexit et à accorder jusqu’à 10 500 visas de travail de trois mois.

Guy ERWAN

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.