Pétrole : le cap des 100 dollars le baril

Pétrole : le cap des 100 dollars le baril

L’envolée du prix du gaz, qui a été multiplié par quatre en quelques mois, entraîne celui du Brent dans son sillage. Un hiver froid pourrait propulser le prix de l’or noir en direction des 100 dollars le baril.

Le cocktail est explosif. Une conjonction de facteurs vient de pousser le prix du Brent au-dessus de 80 dollars le baril – un record depuis 2018 – après une hausse de 58% depuis le début de l’année. Coté demande, la consommation de pétrole poursuit son rebond au rythme de la réouverture des économies.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, elle devrait atteindre 96,1 millions de barils par jour cette année, contre 90,9 millions en 2020. Mais ce sont surtout les multiples perturbations de l’offre qui ont mis le feu aux poudres. La production d’or noir a été affaiblie par le passage de l’ouragan Ida dans le golfe du Mexique et par des maintenances et soucis techniques chez certains pays producteurs.

Au-delà de ces évènements relativement conjoncturels, les investisseurs craignent un autre phénomène plus inhabituel lié à l’offre de… gaz ! En raison de plusieurs facteurs (sous-stockage en Europe suite à un hiver long, sous-investissement, transition énergétique), celle-ci se révèle insuffisante pour répondre à la demande.

Conséquence : les prix du gaz s’envolent. En Europe et en Asie, ils ont été multipliés par quatre depuis le début de l’année si bien que le gaz est désormais nettement plus cher que l’or noir, son prix dépassant les 150 dollars par baril équivalent pétrole.

La flambée des cours du gaz en Europe et en Asie profite au pétrole. 

En outre, une gigantesque usine de traitement de gaz à l’est de la Russie a été arrêtée après un incendie. Ce gaz étant à destination de la Chine, « il y a des inquiétudes sur de possibles pénuries de gaz pour la Chine », qui pourrait se tourner vers le fioul renforçant encore la demande, a expliqué Robert Yawger de Mizuho.

Enfin, la petite faiblesse du dollar vendredi face à l’euro et aux principales monnaies a relancé « la corrélation inversée qui existe entre le billet vert et le cours du brut » : un dollar moins fort soutient les prix du pétrole, a rappelé le spécialiste.

Après plusieurs séances de montagnes russes, le cours du gaz européen a fait une pause : le marché de référence, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, qui a atteint mercredi un sommet à 162,12 euros le mégawattheure (MWh), a cédé du terrain terminant à 87,61 euros, en baisse de 9,29 %.

Si le président russe Vladimir Poutine avait aidé à calmer mercredi les ardeurs du marché en laissant entendre que la Russie pourrait stabiliser le marché mondial, « les négociants ne considèrent pas que la crise soit résolue comme par magie », notait Craig Erlam, de Oanda.

Le pétrole marque une petite pause, le gaz flambe de nouveau

Le pétrole «bénéficie des incertitudes concernant les approvisionnements en énergie, car les réserves de charbon, de gaz naturel et de brut semblent se resserrer», explique Naeem Aslam, analyste d’Avatrade. La réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés via l’accord Opep+ lundi «n’a fait qu’exacerber le problème» reprend-il, car le groupe n’a pas décidé d’ouvrir les vannes d’or noir autant que le marché pouvait l’espérer.

Suivant son plan de juillet, le cartel s’est contenté d’une augmentation de la production globale mensuelle de 400.000 barils par jour pour novembre. L’augmentation de près d’un million de barils des stocks de brut aux États-Unis rapportée mardi par l’American Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux États-Unis, contribuait à ralentir l’envolée récente des cours du brut. L’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), aux estimations jugées plus fiables sur cette évolution hebdomadaire, publiera ses propres chiffres sur les stocks plus tard dans la journée.

Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, ils sont également attendus en hausse d’un million de barils. Les stocks de brut sont scrutés de près par les observateurs et acteurs de marchés, la vitesse à laquelle ils se réduisent aidant à apprécier l’ampleur du déficit entre l’offre, contrainte, et la demande, solide.

Guy ERWAN

Guy ERWAN

Guy est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif. Guy est originaire de Nantes et aime partager son amour de cette belle région.