Rencontrez les candidats qui seront les premiers astronautes interstellaires de la Terre.

Rencontrez les candidats qui seront les premiers astronautes interstellaires de la Terre.


Le premier vaisseau spatial interstellaire pourrait transporter des passagers microscopiques. La recherche des candidats idéaux est donc en cours.
Le projet Starlight est une mission financée par la NASA qui vise à développer les technologies permettant l’exploration de l’espace interstellaire. L’approche est simple : ces vaisseaux spatiaux s’envoleront hors du système solaire à l’extrémité d’un puissant faisceau laser terrestre qui les accélérera à une fraction importante de la vitesse de la lumière.

Bien sûr, ces engins seront minuscules – ils ne pèseront que quelques grammes chacun. Mais ils sont appelés à devenir les voyageurs interstellaires les plus éloignés de la Terre, dépassant en quelques jours seulement la distance que les vaisseaux spatiaux Pioneer et Voyager ont parcourue en plusieurs décennies.

Stephen Lantin, de l’université de Floride, et ses collègues affirment que ces vaisseaux pourraient être capables de transporter les premiers astronautes interstellaires de la Terre. Ces astronautes ne seront pas humains, disent-ils. Au lieu de cela, les vaisseaux du projet Starlight devraient transporter des créatures beaucoup plus petites et plus robustes, capables de survivre aux températures, accélérations et radiations extrêmes qu’un tel voyage est susceptible d’entraîner. Lantin et ses collègues sont déjà en train de concevoir les capsules qui transporteront ces créatures.

Selon l’équipe, le vaisseau spatial transportera également des capteurs qui permettront d’étudier comment ces créatures réagissent aux conditions de vol interstellaire et fourniront des données qui pourront être utilisées pour préparer de futures missions.

Voyageurs interstellaires

Quelles sont donc les espèces les plus aptes à remplir cette mission ? Lantin et ses collègues ont sélectionné les candidats potentiels en fonction d’un certain nombre de facteurs. Ces organismes doivent avoir un faible taux métabolique afin de pouvoir survivre pendant de longues périodes avec peu de moyens de subsistance, de préférence dans un état d’animation suspendue. Ils doivent également être résistants aux dommages causés par les radiations et suffisamment robustes pour survivre aux fortes accélérations et aux températures extrêmes.

L’un des candidats est le ver nématode, une créature d’à peine une fraction de millimètre de long qui est une bête de somme pour les biologistes. Le génome du nématode a été séquencé depuis longtemps et cette espèce a été la première à voir son système nerveux entièrement cartographié.

Les nématodes sont également transparents, ce qui permet d’observer facilement des phénomènes tels que l’expression de leurs gènes et leur physiologie cellulaire. Il est également possible de les faire survivre en animation suspendue, soit en les séchant, soit en les refroidissant. Cependant, ils sont relativement sensibles aux dommages causés par les radiations, leur dose létale étant inférieure d’un ordre de grandeur à celle à laquelle certaines autres espèces peuvent survivre.

L’une de ces espèces les plus résistantes est le tardigrade, ou ours d’eau (voir image ci-dessus). Il s’agit de créatures aquatiques courtes et potelées, dotées de quatre paires de pattes, dont la taille est similaire à celle des vers nématodes. Cependant, ils sont plus robustes aux dommages causés par les radiations et tolèrent bien la microgravité, alors que chez d’autres espèces, elle peut déclencher divers mécanismes de stress oxydatif. Les tardigrades peuvent également entrer dans un état d’animation suspendue dans lequel leur métabolisme chute à 0,01 % de son niveau habituel.

Parmi les autres possibilités, citons les organismes unicellulaires, tels que les bactéries. Deinococcus radiodurans, par exemple, fabrique des copies redondantes de son génome, ce qui est pratique pour atténuer les dommages causés par les radiations, et peut survivre à un large éventail d’environnements extrêmes. Le Livre Guinness des records le considère d’ailleurs comme la créature la plus résistante au monde.

Lantin et ses collaborateurs travaillent déjà à la mise au point de chambres microfluidiques capables d’héberger les premiers astronautes interstellaires, de les ranimer si nécessaire, puis de réaliser une série de tests pour surveiller leur état. Ces expériences nécessiteraient des échantillons de contrôle en orbite terrestre basse ou au sol, afin que les résultats puissent être comparés.

La biosécurité sera un facteur important dans tout cela. « L’envoi de la vie terrestre dans l’espace interstellaire à l’aide d’un vaisseau propulsé à l’énergie dirigée nécessite de prendre en compte les risques de contamination possible des planètes extrasolaires », expliquent Lanton et ses collègues.

Une biosécurité intégrée

Ils soulignent toutefois que tout vaisseau spatial se déplaçant à une fraction significative de la vitesse de la lumière possède un mécanisme de biosécurité intégré, puisque ces véhicules ne peuvent pas ralentir. Toute collision avec une exoplanète lointaine provoquerait une explosion de la taille d’une kilotonne, susceptible de tuer toutes les créatures survivantes à bord.

Le risque est plus grand pour les planètes de notre propre système solaire si, par accident, le vaisseau entre en collision avec une planète voisine. Dans ce cas, le vaisseau spatial devra être conçu avec un mécanisme de biosécurité qui empêche la contamination biologique.

Tout cela peut sembler une ambition lointaine, mais Lantin et ses collègues insistent sur le fait que les préparatifs doivent commencer dès maintenant. « Nous nous rapprochons rapidement de la capacité technologique de réaliser des vols interstellaires à des échelles de temps significatives », affirment-ils.

Et les données issues de ce type d’expériences pourraient aider à répondre à certaines des questions les plus fondamentales de la science. « Les sondes interstellaires pourraient nous rapprocher de la réponse à des questions qui ont longtemps fait l’objet d’une réflexion dans les récits de science-fiction, telles que « Les humains peuvent-ils voyager vers d’autres systèmes stellaires ? », affirment Lantin et ses collègues.

Lea LAMBERT

Lea LAMBERT

Elle est photographe professionnelle. Elle souhaite partager son amour de la photo à travers différentes illustrations de nos articles. Léa adore la région nantaise et ses paysages. Son expertise est un atout pour notre équipe.
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