Tourisme spatial de SpaceX : des civils dans l’espace

Tourisme spatial de SpaceX : des civils  dans l’espace

Quatre humains n’ayant jamais été dans l’espace auparavant peuvent-ils passer trois jours seuls en orbite autour de la Terre, en ne s’étant entraînés que quelques mois ? C’est le défi que s’est lancé SpaceX, dont la première mission de tourisme spatial doit décoller mercredi soir.

Baptisée Inspiration4, elle est la première de l’Histoire à n’envoyer en orbite que des novices, sans aucun astronaute professionnel à bord.

Le décollage doit avoir lieu à partir de 20H02 (00H02 GMT jeudi), avec une fenêtre de lancement de cinq heures et pour le moment une météo favorable. La fusée Falcon 9, portant à son sommet la capsule Dragon, sera propulsée depuis la mythique aire de lancement 39A du Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d’où décolla notamment la mission Apollo 11 pour la Lune.

Les quatre Américains à bord doivent voyager plus loin que la Station spatiale internationale (ISS), à une orbite visée de 575 km. Ils feront chaque jour environ 15 fois le tour du globe.

La météo semble coopérative, les passagers sont prêts à partir: les premiers touristes spatiaux de SpaceX ont présenté un visage serein mardi 14 septembre, à la veille de leur décollage pour un voyage hors norme de trois jours en orbite autour de la Terre. «Aucune trouille, impatient de partir!», a assuré le milliardaire américain Jared Isaacman, interrogé sur son état d’esprit lors d’une conférence de presse au centre spatial Kennedy de la Nasa, en Floride.

Au terme de leur périple, ils entameront une vertigineuse descente pour amerrir au large de la Floride, freinés par d’immenses parachutes.

La mission a été affrétée par le milliardaire Jared Isaacman, 38 ans, patron d’une entreprise de services financiers et pilote aguerri. Le prix qu’il a payé à SpaceX n’a pas été dévoilé, mais se compte en dizaines de millions de dollars. Il sera le commandant à bord, et a offert trois autres sièges à des inconnus.

Hayley Arceneaux, rescapée d’un cancer pédiatrique, est une assistante médicale de 29 ans. Elle sera la plus jeune Américaine à se rendre en orbite et la première personne avec une prothèse (de fémur).

Chris Sembroski, 42 ans, est un ancien de l’armée de l’Air américaine qui travaille désormais dans l’industrie aéronautique.

« Le risque n’est pas de zéro »

Mais lui n’a pas fondé l’entreprise lui permettant de faire le voyage. Il en loue simplement les services, pour un prix qui n’a pas été dévoilé mais qui se compte en dizaines de millions de dollars. Car la mission n’a rien à voir avec l’expérience de seulement quelques minutes proposée par Virgin Galactic et Blue Origin. Cette fois, il s’agit d’aller voler plus loin que la Station spatiale internationale (ISS). « Le risque n’est pas de zéro », reconnaît Jared Isaacman dans l’un des épisodes du documentaire diffusé par Netflix sur la mission.

« Vous voyagez dans un vaisseau à 28.000 km/h autour du globe. Ce genre d’environnement est associé à un certain risque. » La société d’Elon Musk a déjà transporté pas moins de dix astronautes vers l’ISS pour le compte de la Nasa. Mais ils seront les premiers passagers privés à monter dans la capsule Dragon, lancée par la fusée Falcon 9. Le décollage est prévu pour ce mercredi à partir de 20h sur la côte Est américaine (minuit GMT). Une autre opportunité de lancement est planifiée jeudi si les conditions météo l’imposent. Les passagers décolleront depuis la mythique aire de lancement 39A, au Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d’où décollèrent les missions Apollo vers la Lune.

Outre Jared Isaacman, commandant à bord, trois anonymes seront du voyage, sélectionnés via un processus original qui a débuté par une publicité projetée durant la mi-temps du Super Bowl, événement sportif américain. Chaque siège est censé incarner une valeur. Hayley Arceneaux, rescapée d’un cancer pédiatrique, représente l’« espoir ». Elle sera la première personne avec une prothèse à se rendre dans l’espace, et sûrement celle qui est le moins liée à cet univers. « Est-ce qu’on va aller sur la Lune ? », a-t-elle demandé lorsque l’opportunité lui a été présentée.

D’où va décoller la fusée ?

Le décollage est prévu pour mercredi à partir de 20 heures sur la côte Est américaine. Une autre opportunité de lancement est planifiée jeudi si les conditions météo l’imposent. Les passagers décolleront depuis la mythique aire de lancement 39A, au Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d’où décollèrent les missions Apollo vers la Lune.

Un équipage de novices

Cette mission spatiale a une particularité, et non des moindres. Elle sera la première à n’envoyer en orbite autour de la Terre que des complets novices, sans astronaute professionnel à bord. La société d’Elon Musk a déjà transporté pas moins de dix astronautes vers l’ISS pour le compte de la Nasa. Mais ils seront les premiers passagers privés à monter dans la capsule Dragon, lancée par la fusée Falcon 9.

Cette mission 100% touristique a été affrétée par le milliardaire Jared Isaacman, à ses frais. Cet Américain de 38 ans, patron d’une entreprise de services financiers, est également un pilote aguerri. Mais lui n’a pas fondé l’entreprise lui permettant de faire le voyage. Il en loue simplement les services, pour un prix qui n’a pas été dévoilé, mais qui se compte en dizaines de millions de dollars.

Outre Jared Isaacman, commandant à bord, trois anonymes seront du voyage, sélectionnés via un processus original qui a débuté par une publicité projetée durant la mi-temps du Super Bowl. Chaque siège est censé incarner une valeur. Hayley Arceneaux, rescapée d’un cancer pédiatrique, représente “l’espoir”. La jeune femme de 29 ans a été sélectionnée car elle travaille en tant qu’assistante médicale dans l’hôpital pédiatrique de St Jude, à Memphis, dans le Tennessee.

Chris Sembroski, 42 ans, a obtenu le siège de la “générosité”. Il s’agit d’un ancien de l’armée de l’Air américaine qui travaille désormais dans l’industrie aéronautique. Enfin, le dernier siège représente la “prospérité”, et a été offert à Sian Proctor, une professeure de sciences de la Terre de 51 ans qui a failli, en 2009, devenir astronaute pour la Nasa.

Le vaisseau

Au sommet de la fusée Falcon 9, qui mesure 70 mètres de haut, est perchée la capsule Dragon, où se trouve l’équipage. Ce vaisseau a déjà emmené, lors de trois missions distinctes, 10 astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS).

La capsule Dragon (8m de haut, 4m de diamètre) a été ici modifiée: un immense dôme en verre a été installé pour offrir aux passagers une vue à 360° sur le vide spatial. Il remplace le système normalement destiné à s’amarrer à l’ISS.

Un entraînement de plusieurs mois

Et après avoir découvert que non : « apparemment, on n’y a pas été depuis des décennies ! C’est une chose que j’ai apprise », rit-elle dans le documentaire. La jeune femme de 29 ans a été sélectionnée car elle travaille en tant qu’assistante médicale dans l’hôpital pédiatrique de St Jude, à Memphis dans le Tennessee, un établissement pour lequel Jared Isaacman a lancé une immense levée de fonds. L’un des donateurs a obtenu le siège de la « générosité » : Chris Sembroski, 42 ans, est un ancien de l’armée de l’Air américaine qui travaille désormais dans l’industrie aéronautique.

Le dernier siège représente la « prospérité », et a été offert à Sian Proctor, une professeure de sciences de la Terre de 51 ans qui a failli, en 2009, devenir astronaute pour la Nasa. Elle sera seulement la quatrième femme Afro-Américaine à aller dans l’espace. L’équipage s’est entraîné depuis plusieurs mois. Ils ont expérimenté la force g à laquelle ils seront exposés grâce à une centrifugeuse, un bras de plusieurs mètres en rotation rapide. A bord de vols paraboliques, ils ont pu goûter à une sensation d’apesanteur. Ils ont aussi effectué un trek dans la neige en haute altitude sur le Mont Rainier, dans le Nord-Ouest des Etats-Unis.

Enfin, ils ont passé du temps dans les locaux de SpaceX, même si le vol devrait normalement rester entièrement automatisé. Durant les trois jours en orbite, leur sommeil, leur rythme cardiaque, leur sang ou encore leurs capacités cognitives seront analysés. Des tests seront effectués avant et après le vol, pour étudier l’effet du voyage sur leur corps.

Le début d’un tourisme spatial à plus grande échelle

La mission Inspiration4 doit conclure un été marqué par l’envol de milliardaires au-dessus de l’ultime frontière : d’abord Richard Branson le 11 juillet, à bord du vaisseau de Virgin Galactic, puis quelques jours plus tard Jeff Bezos, avec sa société Blue Origin. Mais cette nouvelle mission doit surtout préparer le futur du tourisme spatial. L’idée est d’accumuler des données pour les futurs passagers privés et d’ouvrir les portes de l’espace à un plus grand nombre de touristes très fortunés. Et ce malgré les critiques qui entourent le développement de ces voyages vers l’espace, dont le coût pour la planète Terre est astronomique : comme le précise The Conversation, un seul voyage en orbite d’un touriste de l’espace émet autant de CO2 qu’un automobiliste pendant 160 ans…

Plusieurs projets de missions touristiques sont déjà en cours. En janvier 2022, trois hommes d’affaires se rendront dans l’ISS aux côtés d’un astronaute expérimenté. SpaceX prévoit également un autre voyage en orbite pour quatre clients privés, organisé par la société intermédiaire Space Adventures. Enfin, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa doit aussi faire un voyage autour de la Lune, a priori en 2023, cette fois à bord de la fusée Starship, encore en cours de développement par SpaceX.

Du côté de Virgin Galactic, le début des opérations commerciales régulières est prévu en 2022. La Russie enverra de son côté une actrice et un réalisateur vers l’ISS, à bord d’une fusée Soyouz. Le but : tourner le premier film de fiction en orbite et en apesanteur.

Le prix du billet vers l’espace

Si cette mission est devenue possible, c’est grâce à la volonté sans limite d’Elon Musk et à la passion sans fin de Jared Isaacman, qui restera à jamais le premier homme à avoir entièrement financé et commandé une opération dans l’espace composée uniquement de civils.

Bien que les chiffres exacts n’aient pas été dévoilés par SpaceX, on parle tout de même d’un ticket d’entrée à près de 55 millions de dollars par personne (46,5 millions d’euros) soit 220 millions (186 millions d’euros) pour l’équipage complet. Et comme Jared ne voulait pas que ce soit un “délire de milliardaire” comme il l’a répété, il a décidé d’offrir intégralement le voyage aux trois personnes qui l’accompagnent.

En parallèle de la mission à proprement parlé, Jared a voulu donner un caractère caritatif à cette aventure pour que tout le monde puisse s’identifier et s’y intéresser. Il a ainsi versé personnellement 100 millions de dollars d’aide à l’hôpital St Jude, organisé une collecte de fonds nationale pour ce même hôpital, mis en place un concours entrepreneurial sur Twitter et conclu un accord avec le magazine Time et le géant de la vidéo Netflix pour la production d’une mini-série.

Lea LAMBERT

Elle est photographe professionnelle. Elle souhaite partager son amour de la photo à travers différentes illustrations de nos articles. Léa adore la région nantaise et ses paysages. Son expertise est un atout pour notre équipe.