Une louve pendue devant la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur

Une louve pendue devant la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur

Macabre découverte, ce vendredi matin, à Saint-Bonnet-en-Champsaur. C’est vers 7h que le cadavre d’une louve a été découvert pendu à la devanture de la mairie de cette commune des Hautes-Alpes. À proximité, sur une porte vitrée « une banderole avec l’inscription ‘Réveillez-vous il est déjà trop tard’ a été accrochée », indique le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy.

« L’animal, attaché avec une cordelette, a été abattu peu de temps avant, le sang, encore frais, coulait », précise le magistrat, qui a ouvert une enquête pour « destruction d’espèce protégée ». Sur place, la cellule d’identification criminelle de la gendarmerie effectuait des constations en cours de matinée, à la recherche d’indices. « L’enquête a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie de Gap, co-saisie avec l’Office français de la biodiversité, qui apporte un appui technique et un éclairage scientifique spécifique », détaille Florent Crouhy.

« Des loups tués hors cadre légal ont déjà été retrouvés par le passé, en montagne ou en bord de route, mais là nous sommes dans un acte de revendication. Une telle mise en scène reste exceptionnelle », constate le procureur.

La destruction d’une espèce protégée est un délit, avec des peines encourues pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

La bête a été braconnée, il ne s’agit pas d’un tir « de prélèvement ».

Une banderole a été déployée sur les vitres du bâtiment « Réveillez-vous, il est déjà trop tard ».

L’enquête est confiée à la brigade de recherches de Gap et l’office français de la biodiversité. Les gendarmes de l’identification criminelle sont intervenus, notamment pour relever d’éventuelles traces ADN sur la banderole. Le corps de la louve va être autopsié, notamment pour connaître le calibre de la balle qui l’a tuée. La vidéo protection sera également exploitée. 

Le monde agricole n’a pas tardé à réagir à cette information, notamment René Laurens le président de la FDSEA des Hautes-Alpes. Cet acte est pour lui le signe d’une montée en pression des éleveurs, saturés face à la prédation et déjà sous l’émotion après qu’un éleveur du Queyras ait été convoqué devant la justice en début de semaine. Il devait répondre de blessures involontaires après que ses chiens de protection aient mordu quatre randonneurs cet été.

« Une telle mise en scène reste exceptionnelle »

« L’animal, attaché avec une cordelette, a été abattu peu de temps avant », a ajouté le magistrat. Une enquête pour « destruction d’espèce protégée » a été ouverte, écrivent nos confrères. Celle-ci a été confiée à la brigade de gendarmerie de Gap. L’Office français de la biodiversité a également été saisi afin d’apporter « un appui technique et un éclairage scientifique spécifique », a indiqué Florent Crouhy.

« Des loups tués hors cadre légal ont déjà été retrouvés par le passé, en montagne ou en bord de route, mais là nous sommes dans un acte de revendication.

Une plainte déposée

L’association de protection des loups en France a réagi cet après-midi en annonçant porter plainte pour destruction d’espèce protégée.

« Cet acte ignoble est une première en France. Il est l’aboutissement normal de l’impunité accordée aux exactions et violences perpétrées depuis tant d’années par les anti-loups et anti-ours. Les pouvoirs publics sont autant responsables que ceux qui ont tué et pendu cette louve », écrit l’association dans un communiqué.

Boris NAULLEAU

Boris NAULLEAU

Il est un ancien journaliste de presse nationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités locales. Boris NAULLEAU est un expert des questions relatives aux collectivités.
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