Vaccin Sanofi pour bientôt

Vaccin Sanofi pour bientôt

Le sérum de Sanofi est basé sur une technologie à protéine recombinante, similaire à celle utilisée pour les vaccins contre la grippe. Le vaccin mis au point par le laboratoire français Sanofi sera disponible au mois de décembre 2021, a assuré lundi 5 juillet le président de la branche française du groupe, Olivier Bogillot. « On a attaqué nos études de phases 3 », a-t-il indiqué sur France Inter. Il s’agit de la dernière étape avant la demande de mise sur le marché auprès des autorités sanitaires. « On est sur une technologie différente de l’ARN messager », a précisé Olivier Bogillot, évoquant un vaccin basé sur une technologie à protéine recombinante, identique à elle « utilisée pour la vaccination grippale ».

Le vaccin contre le Covid-19 développé par le laboratoire français  Sanofi, en collaboration avec le britannique GSK, devrait être disponible en décembre, a précisé le président France du laboratoire, ce lundi.

Interrogé sur France Inter sur la mise à disposition de ce vaccin à base de protéine recombinante – une technologie déjà utilisée par Sanofi pour un de ses vaccins contre la grippe –, Olivier Bogillot a confirmé qu’il serait prêt en « décembre effectivement ». Le groupe avait précédemment indiqué tabler sur le quatrième trimestre, puis précisé envisager une mise à disposition d’ici la fin de l’année.

Où en est son développement ?

Selon Olivier Bogillot, les chercheurs sont actuellement dans la phase 3 de développement. Elle avait été annoncée le 27 mai dernier par le laboratoire dans un communiqué. Il s’agit de l’ultime phase avant une possible autorisation sur le marché européen. 

Dans le cadre de cette étude internationale de phase 3, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, plus de 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus doivent être recrutés dans différents pays, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, précisent Sanofi et GSK. 

L’étude évalue dans un premier temps « l’efficacité de la formulation vaccinale ciblant le virus originel D.614 » puis « une deuxième formulation ciblant le variant B.1.351 (ou variant sud-africain) ». 

Pour aller plus loin : COVID-19  

Quelle technologie utilise-t-il et pour quelle efficacité ?

Sanofi et GSK n’utilisent pas la même technologie que les laboratoires Moderna et Pfizer-BioNTech. « On est sur une technologie différente de l’ARN messager », précise Olivier Bogillot. Il s’agit d’un vaccin basé sur une technologie à protéine recombinante, « utilisée pour la vaccination grippale ». « C’est une technologie qui est éprouvée, qu’on utilise depuis quelques années, qui soumet votre système immunitaire à la protéine du virus et je rappelle juste que c’est la technologie qui était la plus performante il y a encore un an, avant l’arrivée de l’ARN messager », pointe le président de la branche France de Sanofi.

Les résultats de la phase 2 de ce vaccin ont montré « une séroconversion [apparition d’anticorps] dans 95% à 100 % des cas, après l’administration d’une deuxième dose, dans toutes les tranches d’âge, précise le communiqué annonçant la fin de la phase 2. Globalement, le candidat-vaccin a induit la production de concentrations élevées d’anticorps, comparables à celles induites par une infection naturelle, avec des concentrations plus élevées chez les adultes plus jeunes (18 à 59 ans) ». 

Des premiers essais cliniques entamés

Ce vaccin, désormais en phase d’essais massifs, dits de phase 3, avait enregistré un retard de plusieurs mois, suscitant la controverse. Parallèlement, Sanofi développe un autre vaccin contre le Covid, basé sur la technologie de l’ARN messager, avec un partenaire américain, la startup Translate Bio. Ils ont entamé de premiers essais cliniques qui doivent donner leurs résultats au troisième trimestre.

Sera-t-il toujours utile ?

Décembre 2021, c’est un an après les premiers vaccins mis sur le marché pour lutter contre la pandémie. Mais le président de la branche française du laboratoire soutient que le vaccin sera toujours utile car « il y a encore beaucoup de Français qui ne sont pas » vaccinés alors qu’il « va falloir atteindre un niveau d’immunité collective, et encore plus avec l’arrivée de variants, un niveau très élevé ».

Puis, « au-delà de la France, il y a aussi le monde entier, aujourd’hui il n’y a que 20% de la population mondiale qui est vaccinée », a-t-il encore justifié. « Les résultats de notre étude de phase 2 confirment le rôle potentiel que pourrait jouer ce vaccin dans la lutte contre cette crise sanitaire mondiale, car nous savons que de multiples vaccins seront nécessaires, d’autant plus que des variants du virus continuent d’émerger et que le besoin en vaccins efficaces et de rappel, pouvant être conservés à des températures normales, se fait de plus en plus sentir », a pour sa part déclaré Thomas Triomphe, Vice-Président exécutif et responsable Monde de Sanofi Pasteur, cité dans le communiqué.

Des vaccines pour les pays moins développés ?

Mais à quoi va donc servir ce nouveau candidat, alors que le marché est déjà bien pourvu ? «Beaucoup de Français ne sont pas encore vaccinés», note le président de Sanofi France. «Il va falloir atteindre un niveau d’immunité collective, encore plus avec l’arrivée de variants d’un niveau très élevé», prévient-il, avant d’ajouter : «Et puis au-delà de la France, il y a aussi le monde entier». Concrètement, le vaccin de Sanofi servira également à vacciner les populations de pays moins développés, qui ne bénéficient pas actuellement de la même couverture vaccinale que les pays occidentaux. «Aujourd’hui, il n’y a que 20% de la population mondiale qui est vaccinée. On pense qu’on peut être utile parce qu’il faut des milliards de doses pour pouvoir vacciner cette population», a fait valoir Olivier Bogillot.

Par ailleurs, le patron de Sanofi estime que ce vaccin pourra être utile pour la «vaccination de rappel, après la vaccination par ARN messager». «Si vous êtes amenés à avoir une troisième dose, le vaccin de Sanofi peut être utile, d’autant plus qu’il se conserve facilement», a-t-il expliqué au micro de France Inter.

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.