Vaccination COVID-19 et variant Delta

Vaccination COVID-19 et variant Delta

Grâce à la vaccination accélérée et à une météo très favorable, l’épidémie de Covid-19 ralentit plus rapidement que prévu en France, mais les autorités traquent le variant Delta, qui pourrait faire dérailler les modèles des prévisionnistes. D’où cette question : les vaccins permettront-ils de freiner ce variant plus contagieux dans les Landes, ou encore en Grande-Bretagne, où il devenu majoritaire en moins de deux mois ? Dans ce laboratoire de l’Institut Pasteur, les chercheurs scrutent le variant Delta qui inquiète tant l’Europe après son émergence en Inde. “On a exposé ce virus à des sérums de personnes soit convalescentes (qui ont eu le Covid), soit vaccinées”, précise Timothée Bruel, chercheur au laboratoire de virus et immunité à l’Institut Pasteur, sollicité dans le sujet du 20H de TF1 en tête de cet article. Là-bas, une première étude montre que si les vaccins évitaient jusqu’ici à 90% de développer les symptômes.

Définition : c’est quoi, quelle origine ?

Le variant indien ou “Delta” a été “repéré pour la première fois le 5 octobre 2020 près de Nagpur”, une ville du centre de l’Inde située dans le Maharashtra, rapporte un article du Monde du 19 avril 2021. Il s’agit d’un nouveau mutant du Sars-CoV-2, le virus responsable de la pandémie de la Covid-19, qui résulte de “quinze mutations spécifiques”, détaille Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi.

La variant indien porte le nom scientifique B.1.617. Le lignage B.1.617 comprend 3 sous-lignages, caractérisés par les mutations L452R et P681R :

  • B.1.617.1 (Kappa)
  • B.617.2 (Delta, le plus fréquent en France) : c’est ce sous-lignage qui a été classé comme “préoccupant” par l’Organisation mondiale de la Santé. “Il est devenu évident que davantage de risques pour le public sont associés au B.1.617.2, tandis que des taux de transmission moindres ont été observés avec les autres sous-lignées”, précise l’OMS dans son point épidémiologique hebdomadaire sur la pandémie.
  • B.1.617.3

Pour aller plus loin : COVID-19  

L’efficacité du Vaccin

Cette efficacité atteint 80% pour les vaccins ARN face au variant Delta et 60% pour celui d’AstraZeneca, à condition d’avoir reçu les deux doses. “Il n’y a pas assez d’anticorps qui sont produits après une seule injection de vaccination. Heureusement, après la deuxième injection, la quantité d’anticorps augmente. Et là, il y a un niveau d’anticorps qui est suffisant pour neutraliser dans nos cœurs cellulaires la multiplication du variant Delta”, explique Olivier Schwartz, directeur du laboratoire virus et immunité à l’Institut Pasteur.

L’autre bonne nouvelle, c’est que les vaccins protègeraient aussi contre les formes graves. Dans les hôpitaux britanniques, 65% des patients infectés par le variant Delta ne sont pas vaccinés. Pour éviter un rebond de l’épidémie, il faudrait donc multiplier les injections. En Israël où 60% de la population est entièrement vacciné, mais où le variant Delta se propage quand même chez les jeunes, les autorités ont décidé d’accélérer la campagne de vaccination des enfants et des adolescents.

Reste qu’en laboratoire ou en vie réelle, les études convergent sur un point : recevoir une seule dose de vaccin n’apporte qu’une protection limitée contre le variant Delta. “Après une seule dose de Pfizer/BioNTech, 79% des personnes avaient une réponse anticorps détectable contre la souche originelle (du virus), mais cela tombait à 50% pour le variant Alpha, 32% pour le variant Delta et 25% pour le variant Beta”, conclut l’étude en laboratoire publiée début juin dans The Lancet. Selon celle de l’Institut Pasteur, une dose unique d’AstraZeneca serait “peu ou pas du tout efficace” contre le variant Delta. Pour faire rempart à l’émergence du variant Delta, qui est 60% plus transmissible que l’Alpha selon les autorités britanniques, les scientifiques insistent sur l’importance de la vaccination complète, avec les deux doses.

Le variant Delta (indien) est désormais responsable de 10 % des nouvelles contaminations en France. Il est surtout préoccupant dans les Landes et dans le Bas-Rhin (Alsace). Le variant delta devient dominant dans le monde. Il devrait représenter 90 % des nouveaux cas dans l’UE d’ici fin août, estime le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Lors d’une conférence de presse du mercredi 23 juin, à l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal indique que le variant indien, dit “delta” “représente entre 9 et 10% des contaminations” en France. Une proportion comparable à celle des Etats-Unis et de l’Allemagne. Deux zones sont particulièrement touchées : le Bas-Rhin avec 60 cas et plusieurs foyers de contamination ainsi que les Landes où il représente 30% des cas positifs, selon un communiqué du 23 juin de l’Agence régionale de Santé de la Nouvelle-Aquitaine. Deux patients vaccinés sont décédés du Covid-19 dans un Ehpad des Landes. Une enquête est en cours pour analyser la possibilité d’un échec vaccinal. En Ile-de-France, il représenterait 13% des nouveaux cas. La préfecture de Haute-Savoie a répertorié, ce dimanche 27 juin “plusieurs cas de contamination par le variant Delta”, avait été confirmé dans la commune de Ballaison, proche de Genève. Un dépistage est organisé ce lundi. Le variant delta serait 60 fois plus contagieux que son homologue anglais. Il sévit dans de nombreux pays dans le monde. Pour rappel, il a été identifié pour la première fois en Inde où il a fait des milliers de morts. Comme ses homologues anglais, brésilien et sud-africains, une sous-lignée de ce variant a été classée comme “préoccupante” (VOC) par l’OMS. Où est-il présent exactement ? En Europe ? En France ? Quels sont ses symptômes ? Ses dangers sur le long terme ? Les vaccins nous protègent-ils contre lui ? Ce que l’on sait à date.

Le variant Delta identifié dans les Deux-Sèvres

Le variant Delta a été détecté pour la première fois dans les Deux-Sèvres. Une quinzaine de personnes sont touchées par ce variant du Covid-19, plus contagieux.

Le variant Delta du coronavirus, plus contagieux, a été identifié dans les Deux-Sèvres indique l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Une quinzaine de personnes atteintes dont onze dans deux clusters. “Le territoire du Haut-Val-de-Sèvre est particulièrement concerné. Toutes ces personnes étaient isolées et certaines sont encore en isolement”, précise l’Agence régionale de santé dans un communiqué.

Ce variant déjà très présent dans les Landes où il représente 30% des cas positifs (20% en Nouvelle-Aquitaine).

Appel à la vaccination

Face à ce variant, “il est plus que jamais nécessaire de se faire vacciner dans les meilleurs délais”, martèlent les autorités sanitaires, ce variant Delta touchant “essentiellement les personnes jeunes et non vaccinées”.

Dans les Deux-Sèvres, plus de 43.000 doses de vaccins Pfizer vont être disponibles dans les centres de vaccination sur les deux prochaines semaines. Les lieux de vaccination dans les centres ou chez les professionnels libéraux sont répertoriés ici.

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.