Vaccination obligatoire

Vaccination obligatoire

Alors que le gouvernement prépare un projet de loi permettant de rendre obligatoire la vaccination contre le Covid-19 pour les soignants, 96 médecins ont signé une tribune pour appeler à la vaccination obligatoire des professionnels de santé. « Parce que c’est un devoir éthique de protection des personnes vulnérables dont ils ont la charge, tous les soignants doivent être vaccinés », est-il écrit dans un texte publié, le 4 juillet, par le Journal du dimanche (article abonnés). Parmi les signataires, l’infectiologue Karine Lacombe, le professeur émérite de diabétologie au CHU Pitié-Salpêtrière André Grimaldi ou encore le chef du service maladies infectieuses de l’hôpital Tenon à Paris, Gilles Pialoux.

Les signataires demandent au gouvernement de rendre la vaccination obligatoire pour « toute personne qui, dans un établissement ou organisme public ou privé de prévention ou de soins, ou hébergeant des personnes âgées, exerce une activité professionnelle l’exposant ou exposant les personnes dont elle est chargée à des risques de contamination ». Ils prient l’exécutif de faire en sorte que cette « décision soit effective avant le début du mois de septembre ».

Un calendrier resserré pour la vaccination des soignants envisagé

La progression rapide du variant Delta a poussé l’exécutif à relancer ce débat déjà soulevé en mars. Les taux de vaccination ont progressé, mais ils restent encore insuffisants : 57 % dans les Ehpad, 64 % à l’hôpital, selon la Fédération hospitalière de France.

Le ministre de la santé, Olivier Véran, leur a fixé mardi un objectif de 80 % « d’ici au mois de septembre », faute de quoi le Covid-19 serait ajouté à la liste légale des vaccins obligatoires pour les soignants – diphtérie, tétanos, poliomyélite, hépatite B.

Mais, trois jours plus tard, il s’est dit favorable à un calendrier plus resserré : « S’il y a une loi, je souhaite qu’elle soit examinée et adoptée par le Parlement le plus tôt possible, pourquoi pas dès le mois de juillet. »

L’exécutif a déjà reçu le soutien de la Fédération hospitalière de France : celle-ci a appelé à l’obligation de la vaccination « pour tous les professionnels de santé et tous ceux qui sont au contact des patients et des résidents » d’Ehpad. La direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a, elle, pris la plume pour écrire aux 100 000 agents de ses 39 hôpitaux pour en appeler à leur « responsabilité ». Dans son courrier, l’établissement leur enjoint de se faire « tous vacciner », et « le plus rapidement possible ». Enfin, le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale se montre désormais favorable à l’obligation vaccinale.

Une centaine de médecins réclame l’obligation vaccinale pour les soignants

Une centaine de médecins demandent au gouvernement de rendre la vaccination contre le Covid-19 obligatoire pour les soignants des hôpitaux et des Ehpad « avant le début du mois de septembre », dans une tribune publiée sur le site du Journal du dimanche. Concertation sous pression : alors que le Premier ministre Jean Castex doit recevoir à partir de lundi les chefs de file du Parlement et des élus locaux pour aborder, entre autres, la question de l’obligation vaccinale des soignants, plusieurs médecins mettent leur poids dans la balance.

Et non des moindres. Parmi les 96 signataires du texte, on retrouve plusieurs chefs de service des Hôpitaux de Paris (AP-HP) révélés par la crise sanitaire, comme les infectiologues Karine Lacombe et Gilles Pialoux, le réanimateur Bruno Mégarbane et la diabétologue Anne Gervais, mais aussi l’ancien directeur de Santé publique France François Bourdillon, ou encore l’ancien président des doyens des facs de médecine Jean Sibilia.

57 % des personnels des Ehpad vaccinés, 64 % à l’hôpital

Afin d’« éviter une quatrième vague », ces praticiens et praticiennes demandent au gouvernement « de mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour que l’application de cette décision soit effective avant le début du mois de septembre ». Ces derniers jours, la progression rapide du variant Delta a poussé l’exécutif à relancer ce débat déjà soulevé en mars. Les taux de vaccination ont depuis progressé, mais restent encore insuffisants : 57 % dans les Ehpad, 64 % à l’hôpital selon la Fédération hospitalière de France (FHF).

Le ministre de la Santé Olivier Véran leur a fixé mardi un objectif de 80 % « d’ici le mois de septembre », faute de quoi le Covid serait ajouté à la liste légale des vaccins obligatoires pour les soignants – diphtérie, tétanos, poliomyélite, hépatite B. Mais trois jours plus tard, il s’est dit favorable à un calendrier plus resserré : « S’il y a une loi, je souhaite qu’elle soit examinée et adoptée par le Parlement le plus tôt possible, pourquoi pas dès le mois de juillet ».

Pour aller plus loin : COVID-19  

L’obligation vaccinale vient-elle trop tard ?

Début octobre dernier, au château de Blois dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique Covid-19, annonçait clairement sa position par rapport à la vaccination, comme nous l’avions relaté dans nos colonnes : « La rendre obligatoire pour le personnel de santé semble totalement légitime. » Il appuyait cette position tant pour la grippe saisonnière que pour le Covid-19 en ce début d’automne.

Le gouvernement n’a pas retenu ce choix, et c’est pour le mois de septembre prochain, alors que l’on risque d’être pris dans une quatrième vague, qu’il envisage de présenter un texte de loi rendant la vaccination obligatoire. La question est : est-ce trop tard ou trop tôt ?

« Je pense que Jean-François Delfraissy était dans son rôle de scientifique et qu’il avait raison, confie Pierre Gouabault. Mais cela aurait été très mal accepté et puis de toute manière nous n’avions pas les vaccins nécessaires. Difficile dans ce cas d’obliger les soignants. »

Sur la base du volontariat, les taux sont déjà probants. Reste une frange qui, si elle n’est pas convaincue, sera peut-être forcée. « Protégez-nous, vaccinez-vous », vient d’écrire le conseil de vie sociale de l’Ehpad de Bracieux, à l’adresse de ses soignants. Le débat devrait avant tout être d’ordre éthique plutôt que légaliste.

En Italie, l’obligation vaccinale des personnels soignants ne fait pas débat

Le pays compterait seulement 45 000 travailleurs sanitaires réfractaires à la vaccination, sur un total de près de 2 millions, soit à peine 2,3 %. En Calabre, seize personnels soignants récalcitrants ont été suspendus de leurs fonctions jusqu’au 31 décembre.

La Calabre a été la première région à sévir, et les « victimes » sont au nombre de seize : jeudi 24 juin, quinze travailleurs sanitaires de la province de Reggio de Calabre et un vétérinaire de celle de Catanzaro (en Calabre également) ont été suspendus de leurs fonctions jusqu’au 31 décembre en raison de leur refus de se soumettre à la vaccination. Leur salaire ne leur sera plus versé jusqu’à cette date, sauf si ceux-ci changent d’avis.

Pour Gianluigi Scaffidi, le commissaire extraordinaire dirigeant l’autorité sanitaire de Reggio de Calabre – d’ordinaire, en Italie, le domaine de la santé est du ressort des régions mais la Calabre a été placée sous tutelle de l’Etat depuis 2010 en raison de suspicions de corruption et d’infiltration mafieuse –, cette décision est une simple mesure de bon sens : « On ne peut pas demander à toute la population de se faire vacciner et permettre aux soignants de se soustraire à ce devoir social. » « Conformément à la loi, précise le commissaire extraordinaire, nous avons commencé par des mises en demeure, les invitant à se vacciner. Certains ont donné suite à la demande et se sont tout de suite soumis au vaccin. Mais d’autres ont continué à faire semblant de rien… »

John CASTEL

John CASTEL

Il est étudiant en journaliste dans une école parisienne. John est spécialisé dans les informations relatives au numérique et la High-Tech. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.