Variant Delta : efficacité des vaccins

Variant Delta : efficacité des vaccins

De plus, même s’il a augmenté ces derniers jours, le  taux d’incidence reste faible, inférieur à 20 pour 100.000 personnes au niveau national (19,3 au 29 juin), soit une contamination touchant une moyenne de 0,2 % de l’ensemble de la population française (donc plus de trois fois moins concernant le variant Delta). En 2020 à la même époque, il n’était certes que de 5,5 pour 100.000 habitants, mais avait doublé un mois plus tard au coeur de l’été, et s’élevait à 63,1 fin août.

Vaccinés mais contaminés, quid de l’immunité

En France, on constate également que de plus en plus de personnes vaccinées sont contaminées par le virus. D’abord car les vaccins qui sont aujourd’hui administrés par les instances sanitaires ne permettent pas une sécurité totale face au Covid-19. Ensuite, si ces vaccins permettent également d’empêcher en partie la transmission du virus, ceux-ci n’empêchent pas de contracter le Covid-19.

En conséquence, la vaccination, même complète, n’empêche pas en aucun cas d’être contaminé par le virus. Selon le mathématicien Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste des épidémies et cité par le journal Le Parisien, “plus la couverture vaccinale va être importante, plus on aura de personnes qui seront infectées tout en ayant été vaccinées”. Le phénomène est observé dans les pays qui vaccinent le plus, entre autres, au Royaume-Uni et en Israël : s’il y a de plus en plus de personnes vaccinées, il y a également de plus en plus de personnes à la fois vaccinées et contaminées. En France, il n’y a aucunes données sur ce sujet.

En France, selon les chiffres de ce samedi 3 juillet donnés par le gouvernement, 63 % des Français majeurs ont reçu au moins une injection de vaccin, et 43 % d’entre eux sont tatalement vaccinés.

Or, ces chiffres se rapprochent aujourd’hui du taux de vaccination nécessaire pour une immunité collective. Le 22 mars dernier, LCI évoquait déjà le sujet, parlant d’une immunité qui pourrait être atteinte en France d’ici le 14 juillet. L’institut Pasteur définit l’immunité collective, naturelle ou vaccinale, comme le “pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population va transmettre le pathogène à moins d’une personne en moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés.”

Ce pourcentage varie selon les spécialistes. S’il faut que 80 % de la population soit vaccinée pour  le Pr Renaud Piarroux de la Pitié-Salpêtrière, pour l’infectiologue Karine Lacombe en revanche, “avec un vaccin efficace à 95% (…) il suffit que la couverture vaccinale atteigne 50 à 60% pour que l’intégralité de la population soit immunisée, même ceux qui ne veulent pas se vacciner pour protéger les autres”. L’institut Pasteur, lui, table sur un taux de vaccination de 70 %.

A cette époque certes, on parlait à peine des variants et encore moins de mutation… Mais si le taux de vaccination poursuit son cours, permettant de fait l’installation d’une immunité relative parmi la population, cela suffira-t-il pour nous offrir des vacances tranquilles ?

Covid : deux doses de vaccin semblent efficaces contre le variant Delta

Les vaccins contre le Covid-19 approuvés dans l’Union européenne semblent protéger contre toutes les mutations du coronavirus en circulation, y compris le variant Delta, a déclaré ce jeudi l’Agence européenne des médicaments (EMA). Elle appelle néanmoins les laboratoires à se préparer à l’apparition de nouvelles souches du virus.

Les nouveaux variants ne devraient pas remettre en cause l’utilité de la campagne de vaccination européenne. Les vaccins de Pfizer, Moderna, AstraZenaca mais aussi Johnson & Johnson semblent efficaces contre les nouvelles mutations du Covid-19, a annoncé ce jeudi l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Les inquiétudes portent notamment sur le variant Delta, apparu initialement en Inde, et responsable d’un rebond épidémique dans plusieurs pays européens, dont le Portugal, le Royaume-Uni et la Russie. Après 10 semaines de recul, les cas de Covid-19 ont ainsi recommencé à augmenter la semaine dernière en Europe, a annoncé la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Protection contre toutes les souches

Mais les vaccins devraient rester efficaces. « Des données émergentes provenant de preuves concrètes montrent que deux doses de vaccin protègent contre le variant Delta », a déclaré Marco Cavaleri, responsable de la stratégie vaccinale à l’EMA.

« Nous sommes conscients des inquiétudes causées par la propagation rapide du variant Delta », a-t-il poursuivi. « À l’heure actuelle, il semble que les quatre vaccins approuvés dans l’Union européenne protègent contre toutes les souches circulant en Europe, y compris le variant Delta », a-t-il ajouté. Ces nouvelles sont jugées « très rassurantes ».

L’OMS Europe prévoit que le variant dit Delta, initialement détecté en Inde, devienne « dominant » d’ici août, a-t-il indiqué, confirmant la projection du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Nouveaux variants à venir

L’agence européenne des médicaments s’inquiète par ailleurs de l’émergence de nouveaux variants. « Un certain nombre de variants sont apparus au cours des derniers mois, et nous nous attendons à ce que d’autres arrivent », a déclaré Marco Cavaleri, tout en invitant les laboratoires à se pencher activement sur le sujet. « Il y a désormais le variant dit Delta Plus, qui est le variant Delta avec une mutation supplémentaire dans la protéine Spike, qui est également important et nous devons également vérifier cela », a-t-il ajouté.

Le comité d’évaluation des risques en pharmacovigilance de l’EMA va par ailleurs poursuivre son évaluation sur les cas de myocardite (inflammation du muscle cardiaque) et péricardite (inflammation de la membrane enveloppant le coeur) signalés en lien possible avec le vaccin contre le Covid-19, a indiqué l’agence.

Vaccination et vacances

À quelques jours du début des vacances scolaires, Olivier Véran a par ailleurs alerté sur la “menace potentielle de reprise dès cet été”, liée au variant Delta qui “pourrait venir gâcher nos vacances”. “Je lis parfois qu’il pourrait y avoir un risque de vague épidémique lié à ce variant contagieux à la rentrée de septembre ou d’octobre, je ne suis pas tout à fait sûr que nous ayons le temps d’attendre septembre ou octobre, il y a une menace potentielle de reprise épidémique dès cet été”, a-t-il ainsi détaillé.

Pour le ministre, qui veut “sauver l’été des Français”, il n’y a pas encore de “reprise mais le taux d’incidence a arrêté de baisser […] le variant Delta, lui, a commencé à augmenter”.

En visite depuis un centre de vaccination dans un centre commercial, le ministre a par ailleurs vanté les côtés pratiques de ces lieux, accessibles pour des vacanciers. “Ce genre d’opérations, nous les multiplions sur vos lieux de vacances sur les lieux de loisirs et auprès des grandes compétitions sportives dans les bus qui vont dans les quartiers populaires où la vaccination est parfois plus fragile qu’ailleurs mais également là où vous allez faire vos courses”, a-t-il expliqué.

La crainte du variant Delta

Si la situation épidémique en France est au beau fixe, le ministère s’inquiète néanmoins de l’émergence du variant Delta qui est “en train de devenir dominant dans le monde”. “Il est présent dans 75 pays, progresse en Europe et est, de façon nette, responsable du rebond épidémique au Royaume-Uni”, a-t-il relevé. Les données venant d’Outre-Manche en vie réelle indiquent, pour tous les vaccins, un “taux d’efficacité de 70% après la première dose et de 90% après la deuxième dose”. Cela veut dire “une efficacité massive pour contenir les formes graves de l’épidémie”, a souligné la même source.

Les autorités ont insisté sur la vaccination pour couper l’herbe sous le pied du variant Delta : “Ce n’est pas parce que l’entourage est vacciné et qu’on pense le faire soi-même au retour des vacances que c’est un choix judicieux”. Sur recommandation de la Haute autorité de santé (HAS), le ministère a aussi prôné une “stratégie de vaccination réactive”. Elle consiste à vacciner massivement et localement quand un foyer apparaît, comme cela avait été fait en Bretagne il y a quelques mois, et plus récemment dans le quartier de Bacalan à Bordeaux.

Encore 5 millions de plus de 55 ans pas vaccinés

Reconnaissant un fléchissement des prises de rendez-vous de première dose, le ministère a jugé que cette inflexion n’était “pas de nature à remettre en question notre dynamique” qui se maintient à environ “4 millions d’injections par semaine”.

Le ministère s’est par ailleurs félicité du chiffre “important” des adolescents primo-vaccinés (plus de 365.000, une semaine après l’ouverture à cette classe d’âge). Il a néanmoins souligné qu’il reste notamment “un réservoir de 5 millions de plus de 55 ans”, ainsi qu’un bon nombre de personnes vulnérables ou ayant des comorbidités qui n’ont pas encore été vaccinés (65% alors que l’objectif est de 85% de couverture vaccinale).

Boris